Un week end au soleil: Alibaug

Publié le par ind'épendante

Ce week-end, nous avons décidé de passer deux jours en dehors de Mumbai, entre français. Pour une fois, à bas les découvertes culturelles, à bas les randonnées épuisantes, nous voulons juste « chiller » c'est-à-dire glander et prendre du bon temps. Rien de mieux pour ça qu’un week-end à la plage à ALIBAUG.

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Cette fois-ci je ne m’occupe de rien (j’ai héritée du surnom de « la Guide » car d’habitude je planifie nos aventures) et c’est donc avec bonheur que je me rends le samedi matin au point de rendez-vous en ne me souciant de rien. 8h du matin en face du soleil levé depuis quelques heures sur le Gateway of India. On achète un billet dans les baraques qui se trouvent sur l’esplanade du monument comme pour Elephanta Island (dont je ne vous ai toujours pas parlé) et direction le ferry qui nous conduit en 1h à Mandwa la ville qui précède Alibaug. Voila comment nos aventures ont commencé :

La rencontre :

Après s’être installés dans le bateau, les garçons montent sur le pont. Ils nous appellent trente minutes plus tard pour nous raconter qu’ils viennent de faire connaissance avec une créatrice de mode qui va lancer sa marque et qui se rend à Alibaug pour aller faire un shooting photo avec les modèles qui l’accompagnent. Elle leur a expliqué que son shooting se passerait dans la maison d’un de ses amis d’enfance et qu’ils travailleraient toute la journée mais qu’elle nous invitait très gentiment à venir profiter de la villa tout l’après-midi plutôt que de s’embêter sur la plage sans pouvoir se baigner.

èBonne nouvelle : On a un plan génial pour la journée

èMauvaise nouvelle : Malgré ce que certains indiens nous avaient dit, la mer est apparemment trop polluée pour se baigner et il n’y a rien à faire ou à voir dans la ville.

A la recherche de l’objet perdu :

Nous quittons le bateau avec la musique, qu’un groupe d’ami jouait dans le bateau, en tête. Le prix du billet pour Alibaug (75roupies au total) inclut le bateau mais aussi le bus. Cependant les garçons qui ont la flemme de prendre le bus qui est lent veulent négocier un rickshaw qui accepte de nous conduire à destination (1h de route) pour 350roupies. Tout se passe très bien jusqu’à ce qu’Alexis mette sa tête à la fenêtre et perde sa casquette au vent. On demande au Rick de s’arrêter en contre bas pour aller la récupérer. Pendant qu’Alexis s’éloigne pour la ramasser nous prévoyons une petite blague avec le chauffeur (comme quoi pas besoin de parler la même langue pour se comprendre). Alexis se rapproche est « Chalo! Chalo! ». Le chauffeur démarre comme convenu et Alexis nous voit partir. Il nous coure après 10secondes puis « bas, bas » le chauffeur s’arrête. Alexis revient à hauteur, le chauffeur bien amusé par la blague fait un peu de zèle en redémarrant mais s’arrête 1mètre plus loin. Les blagues les plus courtes sont les meilleures. Quand Alexis arrive au niveau du rickshaw il fait mine de se jeter dedans. Le reste du trajet se passe sans déconvenue.

Nous arrivons, après quelques détours au cœur des différentes Guest Houses car le rickshaw ne sait pas où se trouve la notre. (Lele Wadi Guest House que je vous conseille). Et là, c’est le drame, Alexis n’a plus son téléphone portable… Serait-il tombé durant notre arrêt au milieu de nulle part pour récupérer sa casquette… On réfléchit trente secondes. On pourrait faire l’impasse mais PETIT 1 Alexis veut son téléphone, PETIT 2, il est le seul à avoir le numéro de la créatrice. Si nous n’avons pas son portable nous n’avons plus le plan paradisiaque que l’on nous a proposé. Le mieux à faire est de retourner immédiatement sur les lieux pour voir si on le retrouve. On fait attendre le rickshaw sans le payer (meilleur moyen qu’il nous attende) et nous expliquons le problème au gérant de la guest house un gentil grand père. Il nous aide à expliquer exactement au rickshaw ce qui se passe et à négocier un prix pour qu’il nous amène et nous ramène. C’est donc reparti pour un tour en ce qui concerne Alexis et moi, Victor et Hélène restent pour leur part dans la chambre. Le chauffeur est aussi impliqué dans l’aventure que nous. Le trajet se transforme en expédition, nous appelons en même temps en continu sur le portable d’Alexis en espérant que quelqu’un l’ait trouvé. Nous arrivons finalement au lieu de la perte, et là… le téléphone sonne dessous les feuilles sur le bord de la route. Le portable est là, au pied de la roue du rickshaw. Miracle, Alexis et le chauffeur se jettent dans les bras l’un de l’autre (enfin Alexis se jette plutôt sur le chauffeur à vrai dire). Ils avaient bien fait de prier leur dieu différent.

La tour infernale :

De retour à la chambre vingt minutes plus tard, nous passons voir la plage à côté en coup de vent, qui n’est pas vraiment belle, on nous avait prévenus. Sur la route pour aller trouver un rickshaw nous nous arrêtons à un château d’eau abandonné et nous ne trouvons rien de mieux à faire que de 299740 10150364076497960 509907959 8388701 1749449517 nmonter les marches qui mènent en haut de celui-ci. L’ascension n’est pas sans frayeurs car nous remarquons que quelques marches sont très fissurées voir manquantes. D’en haut tous les indiens nous regardent en ayant l’air de nous dire de redescendre… bon on ne va peut être pas s’éterniser.

Chez les tops modèles :

Nous allons rejoindre les filles dans leur maison et lorsqu’on arrive c’est tel qu’on l’avait imaginé voir mieux. Je vous laisse admirer les photos sur le facebook plutôt que de décrire. Après midi détente un peu gênée d’avoir l’impression de squatter. C’est aussi l’occasion d’assister à un shooting photo et les garçons en profitent pour admirer leurs courbes parfaites. Les modèles sont professionnelles mais pas si jolies que ça si on y regarde de près (et non, ça n’est pas la jalousie qui parle). C’est tout de même l’occasion de se rendre compte que NON je n’ai pas perdu les 5kilos qu’on m’avait annoncé et que OUI il va falloir définitivement se mettre au sport pour les perdre parce que le maillot n’est plus si saillant. Quitte à se faire entretenir on est aussi invité à manger le repas servi à 16h, très bon. On admire la plage de l’autre côté de la barrière, on foule le sable fin (mais gris) et on admire le coucher de soleil puis on repart laissant nos numéros à nos nouveaux potes qui habitent aussi Mumbai.

Soirée et guest house :

Un petit repas léger dans un restaurant plus tard, nouvelle poisse, cette fois c’est la carte de l’hôtel que nous avons perdu. On ne sait plus comment rejoindre notre chambre car le chauffeur ne connait pas exactement le lieu, nous non plus et le numéro du gérant est… sur la carte évidemment. Heureusement Alexis trouve miraculeusement son chargeur dans son sac et nous pouvons joindre le gérant car le numéro était enregistré dans ses derniers appels. De retour nous nous installons tranquillement sur la terrasse de jardin. Il fait frais comme une nuit d’été dans le sud de la France, la vie est belle, je m’étends dans le hamac et je me laisse bercer par le chant des grillons. Nous avons négocié 200roupies par personne la chambre (Moins de 3€50) en faisant installer deux matelas par terre en plus du lit double c’est donc le moment de tirer à la courte paille pour savoir qui dors où. Ne rêvez pas, les garçons défendent à ce moment là, étrangement, l’égalité des sexes. Je gagne peut être des voyages mais à part ça j’ai rarement la main chanceuse je serai donc par terre (ce qui ne me dérange pas car au final avoir un matelas indien par terre ou un matelas indien sur un lit ça revient au même)

Du repos et encore du repos :

Le lendemain check out à 11h. Nous demandons des renseignements au gérant qui est tellement gentil qu’il nous amène en ville acheter nos billets de retour et nous conduit dans un hôtel Resort : Le Tropicana, qu’on nous a conseillé la veille pour voir si on peut y profiter de la piscine pour la journée (puisqu’aller sur une plage ne sert à rien si on ne peut pas se baigner étant donné qu’il fait très chaud et qu’il n’y a pas d’ombre). Là bas les employés semblent surpris, apparemment c’est la première fois qu’on leur demande de faire ça. Ils nous demandent 750roupies par personne (plus de 12euros) ce qui nous parait bien trop cher en voyant la tête de la piscine : Eau stagnante, et insectes morts en surface, on a vraiment plus envie de se baigner. On décide donc de s’installer seulement pour profiter du restaurant et bruncher. Vers 14h il faut prendre une décision et Alexis arrive à négocier 500roupies pour 4 (soit moins de 10€). Les employés ont activé la piscine, l’eau est donc un peu moins sale. On s’encourage et on se jette à l’eau mais on y reste peu tout de même. Le reste de l’après midi se passe sur les transats à lire un bon bouquin et à profiter des rayons du soleil. Oui je sais que vous me détestez car nous nous sommes fait la réflexion « Il est mi novembre, en France il fait froid ». J’ai l’impression que le paradis ça doit ressembler à ça, des amis, du soleil, une piscine, de la bonne musique et un bon bouquin loin de tout.166981 10150364111947960 509907959 8388829 1897957628 n

Retour au bateau :

Ça n’est pas que le paradis ne me tente pas, mais il faut aussi vivre et justement demain matin nous retournons au travail (et vous savez bien que depuis que j’ai changé de stage, même aller au boulot me rend heureuse). En arrivant au port nous pouvons admirer un magnifique coucher de soleil. Le plus beau que j’ai jamais vu, on dirait que le soleil est un cercle parfait dessiné au compas dans le ciel et colorié en orange dégradé. En une minute il a déjà disparu derrière la montagne et le ciel et la mer prennent une couleur rosée.

La foule d’indiens faisant la queue est paniquante, pour les familiers des soirées étudiantes c’est un peu comme quand 50 étudiants essayent de rentrer dans une navette prévue pour 30, tout le monde se bat (sauf que sur le bateau il y a des places pour tous)

Une fois installés sur nos sièges, Alexis s’intéresse à une bande d’indiens qui chantent de l’autre côté des bancs. Je me joins à eux car ils font des photos et que j’ai décidé que si un indien nous demandait une photo je ne vois pas pourquoi nous ne l’aurions pas non plus sur notre appareil. Ils m’invitent alors à les rejoindre dans leur jeu « chanter une chanson qui commence par la lettre… ». Avec Alexis nous trouvons ça hyper facile et nous écoutons les deux équipes chanter en hindi jusqu’au moment où, Alexis leur dit que je fais du chant. Il me demande alors une chanson en R, je suis sure qu’il en existe des milliers en français ou en anglais mais sur le moment nous sommes sans idées. Ils changent donc de lettre, désormais L, et sans réfléchir « La vie en rose » me vient. Jolie moment de partage qui se continue en discussion avec un des hommes à qui je demande des conseils pour nos excursions et mon voyage de Janvier. Jusqu’à l’arrivée où nous nous disons au revoir, tout comme je vous le dis également.

Point culturel du jour : Le Bombil est un poisson supposé être une spécialité culinaire du Maharashtra. Nous en avons (enfin) vu à la carte à Alibaug, mais la fraicheur des produits ne nous inspirait pas confiance.

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Hélène 16/11/2011 23:02



Bien, joli petit article.


Je te poste donc mon défi : se renseigner sur les modes de garde des enfants de moins de 3 ans. Est ce que le système de crècche existe ? Est ce privé ou public ? Met on des couches aux tout
petits ? Il y a t-il une régulation des naissances ? Bref quel regard porte les indiens sur les bébés, sont ils aussi "précieux"  qu'en france ?



Frederik Peyrouse 16/11/2011 11:35



Bonjour,


Votre maman a la gentillesse de nous tenir informés de votre voyage et je suis un lecteur assidu (ainsi que mes 2 filles) de vos articles-blog. Je suis impressionné et ravi par votre
investissement personnel et je vous félicite pour les retours que vous pouvez en retirer. Vos deux articles sur l'éducation dans ce journal sont les deux bonnes nouvelles de cette journée ! Je
profite de mon admiration pour oser vous poser une question qui vous paraitra sans aucun doute naïve : comment l'Inde la plus grande démocratie au monde concilie-t-elle sa laïcité et son système
légal avec le degré d'analphabétisme et de sentiment religieux de certaines régions, notamment pour les élections ? Mes 2 filles Floriane et Madeline se joignent à moi pour vous donner un Grand
Bonjour et vous souhaiter une belle et bonne continuation.


A bientôt,


Fk



ind'épendante 16/11/2011 16:14



Bonjour,


Je suis heureuse de voir que mes articles intéressent d'autres personnes que les membres de ma famille et mes amis et c'est avec plaisir que je répondrai à cette question très intéressante (qui
mériterait plus qu'un article). Je ne peux pas y répondre sur le vif mais je trouverai le temps de rédiger une réponse que j'espere à la hauteur. Une première clé tout de même en ce qui concerne
l'analphabétisme. Tous les partis pour être reconnaissable par les analphabètes durant les élections ont un symbole distinct. ainsi pas besoin de connaitre leurs noms pour mettre un papier dans
l'urne.


Je peux déjà vous dire qu'ici à Mumbai, 2012 est aussi une année électorale, j'aurai donc après mon article encore l'occasion de constater comment se passent des élections et je ferai bien
évidemment un nouvel article sur la question.