Tuer... le temps

Publié le par ind'épendante

Le tigre blqnc est retourne dormir, apaise d avoir fini la confession du meurtre qu il ne regrettera pas. En lisant ce libre de genie, qui decrit parfaitement et d un ton juste l Inde des tenebres, on pourrait se demander comment un homme peut etre pousse froidement vers le meurtre. C est ce que fait l Inde, elle pousse les sentiments de haine, de peur et de degout si loin que la tentation du meurtre pour se debarasser de ces sentiments s eveille.

Je me croyais protegee par les gardes du compartinent mais tres vite je me rends compte que non. 2h du mat, alors que j ai du mal a trouver le repos entre la lumiere clignotante qui donne au train des allures de wagon fantome, le ventilateur qui me forcé a me couvrir malgre la chaleur et le bruit incessant des vendeurs, je me leve pour aller aux toilettes. En sortant le garde est la. Il me demande ou je me rends et d ou je viens. Je reponds brevement et m ecclipse vers ma couchette, quelque chose ne tourne pas rond chez lui. J escalade comme un singe agile les barres pour pouvoir atteindre ma couchette et me lover entre mes sacs. Le garde m a suivit etme demande d en bas de descendre et de le suivre. “Kyu?” dis je (pourquoi), -“pour parler”. Il est hors de question evidemment que je le suive et lui fait signe en ajoutant la parole au geste de degager. Je reconnu trop bien dans ses yeux ce regard que j ai vu des dizaines de fois. Supplicant, a la fois frustre et plein de desir, sur le point d etre violent ou du moins menacant. Le meme regard que l indien qui s etait jete sur moi pour toucher mes seins a travers la fenetre du taxi apres m avoir implore de partager ma course avec lui. Lorsque ca vous arrive une fois ca vous enerve et vous titille la journee. Plusieurs fois ca finit par provoquer un sentiment d humiliation et de faiblesse, de ne pas avoir vu le fou venir et de ne pas avoir eu le temps de repliquer. Ca vous enferme dans une froideur qui consiste a remplacer la presumption d innocence par celle de culpabilite et de refuser a quiquonque le benefice du doute. Ce qui est pire, c est que de cette peur que l homme indien se transforme en animal degoutant et sauvage vous pouvez passer a la haine. La haine d etre seule et vulnerable, la haine de la prise en otage de votre liberte de vous habiller comme vous l entendez, d aller et venir, la haine de votre abaissement au rang du sexe faible. Alors, dans un elan de colere et de defense, je poussais l homme du compartiment, directement sur les rails pour ne plus qu il nuise, profitant de ses qq secondes d inattentions.

Non, je rigole, ca c est ce que mon esprit souhaitait tres fort. En realite j envisageais tous les moyens de me defendre: Ciseaux, ventilateur pour l assommer, faire du bruit… L homme etait toujours a la porte du wagon, il m observait, Je faisais semblant de dormir, les paupieres entr ouvertes. Puis je finis par m endormir, et au petit matin il avait quitte le train.

La chaleur commence a envahir le wagon, les paysages sont arides, mais ca ne me derange pas. C est comme une longue journee d ete qui commence. L air chaud me reveille en l inalant profondement, mes bras se brulent au cuir des couchettes et le ventilateur de fait que circuler de l air chaud. Je descend de ma couchette pour lire un chapitre de mon libre en compagnie des autres passagers. Jai le privilege de pouvoir m isoler en ayant la couchette du haut que les hommes m ont gentiment laisse la veille. Brumisateur, brossage de cheveux et de dents, lingettes nettoyante, il y a peu d intimite dans ce genre de trajet. ( Pause dans le recit: Pourquoi un mec vend des GLACES dans le train!!!????)

Tout le monde va faire sa toilette tour a tour, je prefere prendre un chai accompagne des boudoirs qui auraient du me servir a faire un tiramisú. Vers 10h je me decide, il n y a plus de queue. Je retourne faire une sieste sur ma couchette puis fini mon libre. Les ordures s entassent dans mon sac plastique, j ai du mal a jeter les choses par la fenetre comme ils le Font tours. Vers 13h je me rends compte que mes pates ont cuit avec la chaleur, tant pis, je fais avec. Dans l apres midi les heures sont longues, je m occupe comme une boulimique de jeu: sudoku, mots caches, libre, ecriture, MP3, filmer, photographier. Les paysages se succedent et se ressemblent: Maharashtra, Chittogarh, Madhya Pradesh, Orissa et demain le West Bengal. 5 Etats en deux jours. 

(la suite a la prochaine connexion si j en trouve une. Darjeeling, Kolkata, Bodh Gaya et Varanasi se sont tres bien passe, je pars demain a Delhi pour prendre un avion pour le Laddahk, a bientot!)

Commenter cet article