Trek dans la vallée de la Markha, Jour 6 : Sur les toits du monde

Publié le par ind'épendante

Au réveil, thé dans la tente et… neige ! Un joli manteau blanc a recouvert toute la vallée, le spectacle est époustouflant et exceptionnel en cette saison. Ça y est, je suis dans l’Himalaya ! On prend pleiiins de photos, Poney man a dormi dehors et n’est même pas rentré dans la tente ! C’est vraiment un grand malade ! Pour mon dernier petit déjeuner pas de porridge ! Trop bien ! On se motive, je confirme le partage du taxi pour ce soir avec les français qui semblaient avoir mal dormi. Nous ça va ! Bruno c’est un peu fait mal au genou ceci dit. On prépare les affaires et on décolle vers 8h. C’est parti pour l’ascension, doucement, doucement, pour éviter l’épuisement.

 

Finalement je suis au rythme d’Anou, il est juste un peu devant, à moins qu’il ne veille. Bruno a déjà tracé ! Même pas besoin d’un guide, il atteindra d’ailleurs la passe en 45minutes et comme il fait du zèle, le sommet juste à côté en 15minutes de plus pendant que nous avançons toujours entre ruisseau gelé, poudreuse et terre. Après 6jours je comprends enfin comment marcher correctement sans s’épuiser, il était temps, faire de grand pas plutôt que des petits, et inspirer ou expirer à chaque pied posé. Les chevaux nous doublent mais nous sommes toujours devant les autres randonneurs. La vue sur le Kang Yatsé et les autres chaînes sont à couper le souffle, dommage j’en ai justement besoin de mon souffle. Un peu de plat qui devient vite long, mes chaussures prennent l’eau puis dernière ligne droite en montée, seule car Anou est avec Claudine un tout petit peu plus bas. On se paye le luxe de se faire une petite bataille de boule de neige à 3. Je peine un peu moins et je blague à 100mètres de l’arrivée « Oh non je retourne à Skiu ! ».

 

Je finis en courant, pour la beauté de ma dernière arrivée et Bruno se jette sur moi et me plaque au sol ! Roulé-boulé sur la neige (un peu gelée mais ouf rien de cassé) en rigolant. « On l’a fait !!!! ». Moi qui ne voulais pas être pleine de neige c’est raté mais c’était drôle. La vue sur l’autre côté donne le vertige ! Tour à tour tout le monde arrive, les français, les danois, les canadiens et maman Claudine, on est tous très contents. On reprend des forces avec de la pate de mangue délicieuse et pleine de sucres rapides. Et surtout : on attache enfin nos drapeaux de prière sur un kern vierge : Un bout de nous dans l’Himalaya. On prend des photos, on filme et puis on doit déjà repartir après avoir savouré la victoire de l’ascension réussite sur le toit du monde… enfin ça n’est pas l’Everest, mais quand même !

 

Tout le monde part avant nous, dépêchez vous, dépêchez vous, nous sommes les plus rapides, on a fait la montée en 1h30, objectif, tous les rattraper avant la fin de la journée! La descente s’annonce rude cependant, beaucoup de cailloux et de boue. Il y a même encore des remontées, très raides. On traverse cette fois au moins vingt fois la rivière, les pieds plus ou moins inondés. On double et on se fait doubler au rythme des pauses repas et on prend le dernier chai sous une tente. Derniers sommets enneigés, dernières pierres turquoises et… un renard ! (Mon 2nd objectif après le léopard des neiges que nous n’avons évidemment pas croisé).

 

La fin approche certes, mais je ne le regrette pas car cette dernière étape est difficile et conclut bien l’aventure ! On prend l’adresse d’Anou, il fait la course avec Bruno, derniers bavardages et voila ! Camp de base, photos et gros câlins, je suis émue de laisser ma famille d’adoption et mes nouveaux amis laddakhis qui insistent pour prendre un dernier thé ensemble mais voila que les français m’attendent.

 

Au REVOIR !

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