Trek dans la vallée de la Markha, Jour 3 : La vallée s’ouvre à nous

Publié le par ind'épendante

Réveil à 6h ! Je ne peste même pas, ça parait normal. Le petit déjeuner est hyper gras avec des frites ET des puri (sorte de beignets) avec de la confiture d’abricot et du porridge (c’est bon mais ça écœure à la longue, faudrait pas qu’on en ait tous les matins). Néanmoins, comme nos trois locaux mangent après nous, ça nous fait attendre, et je commence à râler, à voix haute cette fois, car on part avec 1h de retard… je pense à l’heure de sommeil que j’aurais pu économiser, et surtout, je déteeeeeeste attendre ! Bruno me rappelle à l’ordre, il a raison, si ça m’embête demain j’ai qu’à prendre un livre et voir la vie du bon côté ! 8h10, Chalo ! C’est partie pour 7h de marche !

 

Les premiers kilomètres sont magnifiques, entre ruisseau et montagnes rougeoyantes, ça a un petit air d’Ardèche en plus beau. Je me sens confiante et je suis dans les starting blocks à cause de l’attente et les deux premières heures passent vite ! Ça y est je trouve mon rythme. Pas de chaï à 11h, on double les touristes qui nous redoublent, qu’on re re double etc. Je fais une bonne partie en tête de la marche ! Je suis déterminée ! A 12h30 arrêt dans un lieu époustouflant entre stupa et montagnes enneigées au loin, le soleil est au rendez vous. Petit problème cependant, je m’étire sur la première marche d’un stupa et je me fais gronder par un bouddhiste ! Anou ne m’avait pas dit que c’était mal car il est musulman (d’ailleurs son vrai prénom c’est Anwar). Le repas du midi est comme d’habitude avec une omelette en plus. Et charmante découverte : une Alfonso Mango (une mangue à la forme de gourde) qu’on presse pour en boire d’abord le jus avec de l’ouvrir pour finir la chair. Un vrai délice… pourquoi je n’ai pas découvert ça avant !

Le soleil se couvre, on repart et très vite, la grêle nous tombe dessus, mais heureusement pour très peu de temps et avec peu d’intensité, d’autant que nous n’avions absolument rien pour nous abriter à des kilomètres à la ronde, pas un arbre, pas une grotte, seulement des pentes abruptes nous encadrant. On repart pour 3h et alors que je pense qu’il nous reste plus de 2h, Anou m’annonce qu’on a finit dans seulement une heure ! Ouah !

On arrive alors au Welcoming Gate, drapeau tibétain formant une porte ouvrant sur :

 

La MAGNIFIQUE VALLEE DE LA MARKHA !


15minutes plus tard on doit traverser la rivière pieds nus, elle est aussi gelée que la Sorgues l’été mais finalement ça va. Le sol est glissant tout de même mais Anou veille. Plus que 45minutes et nous voila déjà au camping, à l’endroit même que j’avais désigné du doigt une heure avant, au loin, au niveau d’un des virages de la montagne parmi d’autres. Le lieu est sublime, un champ d’ânes et de vaches nous accueille. Nous y plantons nos tentes, et comme nous avons encore de l’énergie après le chaï nous nous rendons au village et au monastère perchés un peu plus haut. La pente est rude. Claudine et moi en retard sur les garçons croisons des français qui s’occupent de vérifier le fonctionnement des panneaux solaires installés par des associations françaises en partenariat avec une association laddakhi. Ils servent principalement pour la lumière, et équipent notamment l’école du village. Ils nous informent alors du fait qu’il y a un spectacle à 18h au monastère. Il est 17h. Nous nous promenons donc, observons la vie des villageois au milieu de nulle part, la femme avec son âne, les bébés agneau et veau, et la vie aux champs. On descend par l’arrière et observons une famille labourer leurs terres comme il y a un siècle chez nous. Patma, une jeune fille de 20ans vient alors à notre rencontre. Elle est toute timide mais veut surement pratiquer son anglais et nous accueillir gentiment. Elle est en vacances actuellement mais elle étudie toute l’année à Leh, en licence. Comme nous sommes en bas du monticule sur lequel se trouve le monastère nous allons d’abord au campement, le temps de voir Tsonam, le gardien des chevaux, ferrer la mule noire. Impressionnant, surtout qu’elle est vraiment têtue celle là ! Avec Bruno nous repartons au monastère pour voir ce fameux spectacle. La pente est toujours rude, on croise des chèvres, et les habitants s’y rendent aussi. Mais une fois au sommet, avec la tête qui tourne et les jambes qui flageolent, le spectacle lui n’est pas encore là. Le moine pour l’instant guérit les habitants. On nous dit « 7 o’clock, BIG PARTY ! » En redescendant sous la pluie légère, nous nous démotivons. A la place nous faisons plutôt un petit moment « Chanson Bollywood » avec Anou tout en profitant de la chaleur des cuisines et en picorant un peu dans le repas du soir. Après tout faut penser à l’apéro ! On en apprend également un peu plus sur Tsonam que nous avons resurnommé « Pony man » (l’homme des poneys). Il a une fille de 20ans, comme moi, qui étudie les sciences et le commerce à Delhi. Ça commence à faire loin !

 

Au repas ce soir, Pakoda, Alu Ghobi (pomme de terre et chou fleur) et oignon, Dhal, Riz et légumes. Toujours un délice. Petite salade de fruits en boite en dessert et au lit après le thé ! On papote un peu avec Bruno car il est tôt, seulement 8h30, puis on se laisse happer. Pourvu que les ânes encore dans le champ ne nous piétinent pas dans la nuit. Je rêve comme la nuit dernière de mon copain, et j’intègre des éléments comme la météo, le froid etc. ce qui rend mes rêves un peu plus loufoques et cinématographiques que réalistes, il faut dire qu’il en a des images à trier pendant la nuit mon cerveau, pas étonnant qu’il divague !

 

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