Trek dans la vallée de la Markha, Jour 2 : Après le blizzard, le beau temps

Publié le par ind'épendante

C’est donc sous la neige que nous nous réveillons ! Youppiiii ! Ça fait un an et demi que je n’en avais pas vus, et comme une vraie indienne je m’émerveille comme si c’était la première fois. Mes muscles vont bien grâce aux étirements et au cachet d’aspirine pris la veille pour éviter les courbatures. Le petit déjeuner de roi nous met dans les meilleures conditions : confiture, pain perdu, porridge à la banane que je goute pour la 1ère fois, et cornflakes ainsi que du thé au lait, rien ne manque. Cependant l’humeur de vainqueur ne fait pas long feu face à la mini-tempête de neige qui se déchaîne dehors alors même que nous devons commencer la journée de marche. Claudine me houspille un peu parce que je ne suis pas assez habillée selon elle ce qui m’énerve un peu même si elle joue son rôle de « maman ». Dès les premiers pas, la neige presque grêle nous fouette le visage et nous empêche de voir, nous sommes dans un épais brouillard. L’ascension de 600m de hauteur dure 2heures et semble interminable, surtout pour nous les filles. On s’arrête toutes les minutes vers la fin du parcours pour pouvoir respirer même si j’avais bien commencé ma montée grâce à ma mauvaise humeur du matin due aux remontrances que j’avais transformé en énergie plutôt qu’en complainte. Enfin… plus que quelques pas et le sommet ! Un tout petit peu plus de 4800mètres, aussi haut que le Mont Blanc ! Nous voyons les beaux drapeaux de prière multicolores qui nous accueillent. On l’a fait !

 

Je ne réalise pas vraiment sur le moment ce que ça peut faire pour un montagnard mais j’ai quand même l’impression d’avoir gravi l’Everest tout au long de la marche tant il est dur de respirer lorsqu’on monte si haut pour la première fois. Bruno est fier parce que je ne me suis pas plainte. Il faut dire que depuis l’arrivée à Leh je n’arrête pas de lui clamer que quoi qu’il arrive « Je suis une princesse ! », il devait donc penser qu’avec cela viendrait aussi les caprices. Alors que mon défi était simplement de rester digne et élégante en toute circonstance, même en condition extrême :p

 

A peine la victoire savourée que nous redescendons, les chaussures un peu petite que m’a prêté Claudine me font mal, je vais lentement alors que tout le monde est à l’aise, ça m’énerve, d’autant que je ne trouve plus mon chemin alors qu’ils sont déjà en bas de la pente. Finalement je me calme un peu, faut dire que pour moi la marche ça n’a jamais vraiment été une partie de plaisir, pas étonnant que je râle intérieurement de temps en temps. L’important c’est de ne pas faire subir les autres. Je descend la pente en courant et une demi heure plus tard c’est enfin la pause déjeuner, autant les repas du soir et les petit déj sont copieux, autant le midi c’est plus light, mais heureusement, il nous faut simplement de l’énergie mais rien de trop gros, c’est donc un traditionnel œuf, patate, pain, sel, fruit, chocolat avec cette fois ci également une tranche de fromage. Et nous voila repartis de nouveau pour trois heures de marche en descente ce qui use particulièrement les genoux et devient rude à la fin. On traverse d’abord la pente de la montagne, puis sa vallée verdoyante accompagnée de petits villages, et enfin nous arrivons dans une partie semblable à un canyon. On passe des Alpes à l’Arizona. Les pierres bleues et rouges nous éblouissent pour le reste du chemin jalonné de stupas et de drapeaux de prières ainsi que de cornes de bouc.

 

Après avoir cru mille fois que le village serait caché derrière un des énièmes virages au loin ; vers 5h on arrive enfin dans un magnifique petit village : Skiu, avec quelques maisons, un monastère et des anciennes maisons dans la montagne. Direction le « camping » du village. Cela s’avère être un petit champ où les chevaux paissent déjà. On s’étire comme la veille, on s’allonge sous les arbres en regardant le ciel. La tête tourne des aventures de la journée et le milk tea vient accompagner ce délicieux moment. On part ensuite à la recherche des toilettes du camp dont le sol fait toujours aussi peur, elles se trouvent dans le village même, à quelques pas. Le village lui semble abandonné ou presque. De retour au camp nous entreprenons de faire notre toilette à base de lingettes, Bruno épuise en partie le stock… ha ces garçons alors ! Quand à moi, la brosse à cheveux fait peur ! Ils sont secs et cassant comme jamais, merci le vent, le froid etc. Enfin nous découvrons un repas chinois/tibétain qui nous attend : Hakka Noodles et Momo préparés par un vrai tibétain ! Trop bon ! Un peu épicé pour Bruno qui transpire à grosse goutte. La soupe aux champignons, surement en boite, est tout de même bonne et la pastèque donne une touche de sucré avec le dernier thé du soir. Direction le lit, toujours aussi tôt. Cette fois avec un seul duvet car nous sommes redescendus à 4000m après l’ascension et il fait moins froid, d’autant que nous sommes dans une vallée. Quel bonheur de réaliser que si j’avais choisi une autre agence je serai partie le lendemain alors que je commence tout juste à apprécier le fait de me reconnecter avec les grands espaces et avec moi-même.

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