Trek dans la vallée de la Markha, Jour 1 : Marcher pour le plaisir, une vraie découverte

Publié le par ind'épendante

Le réveil est plus ou moins difficile mais l’excitation est là ! Les sacs sont prêts ! Claudine va mieux, tout va bien, le temps est enfin au rendez vous après deux jours mitigés ! Petit déjeuner de champions et en route pour SIX jours de trek, sans préparation physique, sans sport pendant un an, en vivant dans une des villes les plus polluées au monde… JE SUIS FOLLE !!!

 

Nous sautons la première étape comme prévue en la parcourant en voiture, et si les paysages sont superbes, il vaut mieux les admirer depuis la voiture que de marcher aussi longtemps sur du plat et qui plus est, sur la route goudronnée. Nous arrivons vers 9h30 au campement de base qui est occupé par des personnes qui ont commencé leur trek un jour plus tôt et ont donc parcouru ce que nous avons fait en jeep. Nos chevaux, ou plutôt LE cheval et cinq mules sont là, tous beaux ! Nous les prénommons déjà. Un australien/indien est aussi là mais il fait un trek de deux jours seulement. Bruno discute rapidement avec lui et puis c’est l’heure du début de cette longue marche.

 

Le début n’est pas très difficile, petite promenade de santé et les paysages sont plutôt beaux. Nous nous refreinons cependant de prendre des photos tout le temps car la batterie doit tenir 6jours et avec le froid il faut faire attention. Très rapidement cependant Claudine manque de souffle à cause de l’altitude et la cadence des garçons est trop rapide pour moi. Je réalise que je suis un peu inconsciente pour m’aventurer là dedans. Vers 11h30 nous croisons nos premiers animaux dans un lieu où la faune est exceptionnelle : ce sont des « moutons bleus » (qui ressemble à des bouquetins) aussi appelé bharal pour cette fois, mais j’espère apercevoir des yaks et surtout un léopard des neiges bien que ce soit extrêmement rare ! C’est au même moment que nous parvenons au 1er « camp ». Une tente blanche en plein milieu de nulle part sous laquelle nous faisons la pause chaï. Tout est là : Coca, bonbons, pates, finalement pas la peine de s’inquiéter même perdu au milieu des vallées il y a de quoi grignoter. L’australien est également là, il était parti un peu avant nous. On souffle, on profite du chaï chaud , et on admire les deux beaux bébés qui sont au fond de la tente bien emmitouflés. Je suis à mi chemin entre un trek dans l’Himalaya et une randonnée chez les Inuits tant cette tente me fait penser à un igloo. Il faut tout de même repartir car ici on doit évidemment arriver avant la nuit au camp. On traverse donc la vallée, puis nous enfonçons en direction des sommets des montagnes tout l’après midi. La pause repas se fait près d’une maison dans une vallée avec des cultures en terrasse. C’est à ce moment là que les chevaux nous doublent pour nous devancer au camp. Le cuisinier nous impressionne, la force tranquille, il marche même en fumant. Avec Claudine on reste solidaire, à notre rythme et on se fait des blagues sur la « nostalgie du temps où le blanc se faisait porté par un sherpa ». Puis on passe au délire parano du genre « on nous a mené ici pour nous tuer et avoir l’héritage, etc. »  Ça commence déjà à devenir fatiguant au bout de 6heures de marche mais j’aperçois alors la tente blanche !!! Le camp de base dans un lieu inouï entre les monts enneigés et au bord de la rivière. Le froid se fait pour la première fois ressentir et je n’arrive pas à réchauffer mes pieds alors que Bruno continu à me raconter des histoires d’amputation ! Grrr !!! Maman Claudine s’occupe de moi comme si j’étais sa fille et on remarque que mes « supers chaussures à peine réparées » sont mouillées et mes chaussettes aussi. Elle me prête les siennes et me frictionne. Les toilettes, une planche entre quatre murets sans toit sont répugnantes et on dirait qu’elles vont s’effondrer pour nous laisser tomber dans le tas de purin, début d’une longue rigolade après les photos que nous avions pris dans les « toilettes » du palais de Leh (un simple trou), et notre rencontre avec les premières toilettes « médiévales » lorsque nous avions pris le thé à la sortie du palais de Leh avec Bruno.

 

Il ne fait pas encore nuit et nous observons autour de nous un grand nombre de pintades des montagnes courir à toute allure entre les cailloux. Il y a aussi pleins de marmottes… rousses ! On  prend le thé dans un cadre parfait, en extérieur pour profiter de la vue, puis on se réfugie dans la tente relais pour se protéger du froid, en attendant que nos tentes soient montées. Juste avant nous y avions fait nos étirements, histoire d’éviter les courbatures, ce qui avait bien fait rire les deux/trois personnes qui restaient là pour la saison.

 

Avec Bruno nous allons squatter la tente de nos accompagnateurs (le guide, le gardien de chevaux et le cuisinier) et assistons à la préparation du repas. Nous en profitons pour discuter un petit peu avec eux. Anou, le guide, fait des études d’ingénieur, il est en licence et il lui reste encore trois ans à étudier. Il est guide depuis désormais 5ans. Je retiens super bien son prénom puisque ça me fait penser à « A nous ». Silim lui était à l’armée pendant 11ans et s’occupe depuis seulement 3/4ans de la cuisine pour les treks. A peine la discussion engagée que vers 20h le repas est servi ! Contrairement à la nourriture à Leh qui n’était ni bonne ni mauvaise (la nourriture tibétaine et des montagnes est assez simple et sans vraie saveur par rapport aux épices indiennes), ce soir c’est délicieux. Soupe pour se réchauffer, Riz, Dhal, Epinard, Légumes : un vrai festin ! Seul bémol, je ne prends pas de légumes crus car j’ai peur de l’eau de la rivière qui est utilisée pour les rincer. Sinon nous engloutissons tout ! Nos accompagnateurs ne mangent pas avec nous, et oui, c’est la tradition… mais du coup on s’assure qu’eux aussi auront à manger ! Pas d’inquiétude, nous pouvons tout finir il en reste pour eux, puis de toute façon il y en a déjà bien trop pour nous.

 

Pendant la nuit, Bruno qui partage ma tente a du être un peu énervé car j’ai mis mon sac de couchage dans mon sac de couchage de survie acheté en France qui est fait dans la même matière que les couvertures de survie. Celui-ci a fait beaucoup de bruit au moindre mouvement. En plus il ne sert pas vraiment à couper du froid comme je l’espérer car je me réveille souvent à cause du froid justement. En pleine nuit je me rends aux « toilettes » si on peut appeler ça comme ça sauf que j’ai peur de tomber nez à nez avec un loup ou une bête sauvage. Je sors la tête doucement : RAS… je ne me suis même pas rendue compte qu’il avait neigé ! Ce sera seulement le lendemain que je m’apercevrai que le camp fut recouvert d’un joli manteau blanc.

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