Rencontre providentielle

Publié le par ind'épendante

 

Et me voila de retour, pour finir ce que j’avais commencé ! Et parce que les meilleurs souvenirs sont à venir. Je vous présente mes excuses pour avoir attendu la fin de mon année scolaire pour reprendre ce blog mais celle-ci fut rude. Enfin, replongeons-nous dans mes souvenirs toujours bien noté sur mon petit carnet rouge, puisque je sais que certains les attendent, et qu’il est toujours bon de mettre un point final à ses aventures.

 

Le contrôleur annonce l’arrivée du train quai 9B, je m’engouffre dans mon wagon et me retrouve entourée d’hommes exclusivement ! C’est bien la première fois depuis neuf mois que cela m’arrive ! L’Angoisse habituelle ne monte que le temps de lever les yeux : Un moine bouddhiste est là ! Ça me rassure ! De plus, le gars qui dormira sur la couchette au dessus de moi à l’air très prévenant. Je décide de me coucher avant que le train ne démarre mais le sommeil ne vient pas et sera entre coupé toute la nuit, notamment à cause de la chaleur !

 

Le lendemain, le train traverse des paysages dignes de l’Égypte : Arides, avec des palmiers et des torchons sur la tête des gens qui, dehors, luttent contre la chaleur. Seul les villages de « Moogli » sont la pour me rappeler que je suis en Inde dans l’État du Bihar. Le livre le Tigre Blanc me revient en mémoire et je comprends l’envie du personnage principal qui vit dans cet État d’en partir. Même si, pour ma part, je suis heureuse d’y faire étape en m’arrêtant dans la ville de Bodh Gaya…

Enfin, si un jour le train arrive car même à 9h30 il n’est toujours pas en gare (l’arrivée était prévue à 6h20 mais si on ajoute le retard qu’il avait déjà avant de partir de Kolkata cela donnait une arrivée prévue à 9h30). Mais bon, comme nous l’avons dit, les naxalistes rodent dans les États de cette région de l’Inde, soyons indulgents avec les retards de train, après tout après 3h de retard, nous ne sommes plus à une heure près. Car c’est bien à 10h30 que j’aperçois la gare de Gaya. Juste avant d’entrer dans celle-ci, le moine (dont je viens à peine de voir qu’il parle anglais puisqu’il lit le journal) me parle. Je me doute bien qu’il va aussi à Bodh Gaya (à ne pas confondre avec Gaya qui est la ville juste à côté, là où le train arrive) puisque c’est la ville la plus sacrée pour les bouddhistes en Inde. On discute et il me propose donc que nous partagions un rickshaw. Je trouve l’idée de parler plus que 3minutes avec un moine plutôt attrayante et j’accepte avec le plus grand plaisir.

 

Au cours de notre discussion j’apprends donc qu’il vient du Myanmar et s’appelle Hterlnda. Je n’aurais jamais deviné son âge, moi qui lui donnais 35ans il en a plus que quarante, « presque dans la tombe » il ajoute en rigolant. Comme quoi, la méditation ça conserve ! Il est trèsgentil et espiègle, à des années lumières de l’image du moine silencieux et austère que je m’étais faite. Il était déja venu en Inde en 2009 comme étudiant à Bodh Gaya et en effet il semble connaître le coin comme sa poche. Il est ici pour sa thèse d’après ce que j’ai compris sur le langage Pali (langue des écritures bouddhistes) car même à quarante ans, voir surtout à quarante ans, un moine étudie toujours. Pour ses recherches il a été à Chennai, Leo Mac Ganj et Kolkata. Il a l’air très content d’avoir voyagé autant ! Lors de notre rencontre il restait une semaine à Bodh Gaya mais son visa dure jusqu’en 2014, ce qui lui laisse encore du temps pour continuer son exploration du pays, toujours dans le but de se documenter pour sa thèse. Il n’a cependant pas appris l’hindi et se débrouille comme il peut en anglais (assez pour que lui et moi puissions communiquer).

Si je sais tout ça, vous vous en doutez bien, c’est que je n’ai pas seulement partagé une course en rickshaw avec lui. Après avoir échangé nos numéros, il me propose de le rejoindre au temple après qu’il soit passé à sa guesthouse. Je l’attends donc à l’entrée du temple mais m’étant rendue compte de la chaleur et du poids de mon sac, lorsqu’il arrive je lui demande où je pourrais le poser sachant que je n’ai pas d’hotel puisque je ne reste ici que le temps d’une journée. Rien de plus simple pour lui, dans sa guesthouse bien sure ! Heureusement c’est un moine, je décide donc de lui faire confiance (n’ayant évidemment pas pensé une seule seconde que les scandales récurrents des prêtres catholiques ne se limitaient peut être pas seulement à cette religion). Arrivée chez lui, une modeste petite chambre qui fait cependant l’affaire pour un moine, il insiste pour que je prenne une douche, (je n’ai pas fait de rapprochement entre les scandales de l’Eglise catholique et les moines bouddhistes mais je n’ai cependant pas confiance à ce point). Je le convaincs donc de venir avec moi dans la ville pour visiter plutôt que de rester dans sa chambre tout seul, trop contente d’avoir un moine sous la main pour mon expédition du jour. Une sorte de mini rêve qui se réalise, un « vis ma vie » de moine, pour une journée.

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