Rencontre avec la vraie Inde : Derrière les hôtels, la vie de famille et les rencontres

Publié le par ind'épendante

Parmi les souvenirs les plus précieux, entre paysages époustouflants, découvertes et rencontres, ce seront définitivement les moments de partage avec la population qui resteront les plus gravés dans ma mémoire. Allepey, fut une de ces étapes, où nous avons pu découvrir le bonheur d’une rencontre au delà des langages.

Alors que je me trouvais à quelques mètres d’une maison des villages qui se trouvaient derrière la guest house, à essayer de faire marcher ma caméra, ma mère et ma tante firent une rencontre. Celle des enfants revenant peut-être de l’école. Ma tante, directrice de crèche, et déçue de ne pas avoir pu chanter une comptine aux petits d’Hampi, se rattrape. Alors que je viens de finir ma bataille avec la technologie. Je m’aperçois qu’elles parlent avec quelqu’un, tant bien que mal avec de grands gestes (marraine) et trois mots d’anglais qui ne veulent rien dire mis bout à bout (ça c’est maman). De loin c’est assez comique, mais je me dis qu’il doit se passer quelque chose d’intéressant et je les rejoins. Je m’aperçois alors qu’elles sont entrain de faire une sorte de bataille de comptine, la petite puis elles deux, se lançant dans un chant mimé du genre « y a du soleil et des nanas » mais pour les enfants. Elles me demandent alors de leur chanter quelque chose, et je me rends compte que je ne connais pas de comptine, ou du moins aucune ne me vient à l’esprit à part celles qu’elles ont déjà chanté. Je finis par trouver quelque chose (je ne sais même plus quoi).  Ils sont contents c’est le principal. Je me demande s’ils connaissent les blockbusters de Mumbai alors je leur chante les trois mots que je connais de Chammak Challo. J’ai l’impression qu’ils aiment bien mais que ça ne leur dit rien. La petite accepte de me chanter une chanson pour que je puisse la filmer et garder un instant de cette jolie rencontre. C’est vraiment une petite star qui est timide et fière à la fois. On l’applaudit, et ma mère et ma tante se lancent dans un duo avec gestes. (Moi je me marre haha). Il commence à faire nuit, et toute la famille est autour maintenant.

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 C’est très étrange, parce qu’on veut leur donner quelque chose. J’ai remarqué, c’est toujours le sentiment qu’on a eu lorsqu’on a rencontré des indiens géniaux. On voulait leur donner un truc. Et je n’arrive pas à savoir si ça vient du réflexe « ils n’ont rien alors on va leur donner » mais je ne pense pas. Ça me semble être quelque chose d’autre. Qui nous saisit parce qu’on en a pas l’habitude en France. Le besoin de donner parce qu’on vient de se prendre une bouffée d’humanité et de partage. Le besoin tout simplement d’établir un lien entre Hommes. Une sorte de création de fraternité comme on en a plus sauf sur le fronton de nos mairies. Ces rencontres sont précieuses non pas seulement parce qu’on a pu rire deux minutes avec des enfants, mais parce qu’ils nous apprennent l’humilité et surtout selon moi nous rappellent ce que c’est que l’essence d’une société qui ne repose pas sur l’égoïsme. Ils m’ont montré qu’ils n’avaient pas peur qu’on leur « prenne » quelque chose, ils nous ont ouvert la porte de leur jardin là où l’on construit des clôtures ; des sourires, et je suis presque sure un repas si nous nous étions attardées. Et ça serait une offense que de leur offrir de l’argent en échange la monnaie annulant la valeur humaine du don. Du coup, on leur a donné des bonbons à la menthe, parce que les fleurs c’est périssable et les bonbons… Non sérieusement, parce que de l’argent ça fait « colonisateur qui pensent qu’ils sont pauvres et qu’ils ont besoin de nous » mais qu’on voulait leur laisser quelque chose contre le bonheur qu’ils nous ont donné.



Sinon deuxième option, quand vous passez un bon moment, vous pouvez être tenté d’enlever la personne et de l’emmener dans vos valises, comme le petit garçon avec qui j’ai joué à l’hôtel dans le hamac. Le pauvre il s’est étalé par terre en voulant en descendre, mais il continuait de vouloir y monter ! Un vrai petit monstre hyper mignon, qu’il a quand même bien fallut le rendre à sa maman avant de partir.

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