Mon patron ce...

Publié le par ind'épendante

Et bien voila, le patron est revenu et je peux enfin savoir ce que ça fait d’être une « employée ». Enfin presque…

Étant encore à Goa lors de son arrivée je n’ai pu constater le changement qu’à mon retour. Dès mon arrivée je me rends donc dans son bureau pour enfin me présenter. Tout se passe bien il a l’air très content, me demande comment ça s’est passé à Goa, m’offre un thé et me fait part du projet qu’il a développé lors de son voyage d’affaire en Biélorussie.

Enfin bref. Jusque là tout va bien puisque mon patron me donne enfin du boulot ! Mais bizarrement, lorsque je sors de son bureau tous les autres employés me demandent ce qu’il m’a dit, est ce qu’il aurait posé des questions sur eux par hasard… Je leur réponds que non, en me demandant bien pourquoi ils ont tous l’air d’avoir peur.

C’est lors de ma deuxième rencontre avec mon patron autour d'un repas (le lendemain) que je comprends enfin.Il me demande alors que lui raconter un peu pourquoi je suis là, comment je me finance etc. Et je comprends vite que mon patron a beau être très gentil avec moi il n’en reste pas moins un être désagréable. Il n’aime rien, et surtout pas l’Inde, il ne rêve que de se barrer en Australie, et trouve que ses employés sont des feignants (bon ok parfois ce n’est pas faux). Si ça n’avait été que ça, je me serais dit que c’était un râleur.

Après notre repas il m’emmène au Novotel de Juhu Beach pour un verre (en attendant que le chauffeur me ramène mon ordi que j’avais laissé au bureau). Le positif c’est que la vue est magnifique, le designer est génial, nous sommes à l’étage mais la vue du bar (en extérieur) donne l’impression de pouvoir se rendre à la plage en escaladant la barrière (cependant je ne vous le conseille pas vous risqueriez de tomber de très haut). Un peu comme le concept de la piscine à débordement sauf qu’à la place d’une piscine, c’est la terrasse qui fait cet effet. (Je n'ai pas pu prendre de photo puisqu'il faisait nuit et que ça ne rendait rien)

Et c’est dans ce décor agréable que je découvre, ce que tout patron est (forcément ?) un peu : Un ***. Je comprends très vite qu’il a plus confiance en moi qu’en ses employés et il me confie plus de missions qu’à eux, en me stipulant bien de ne pas les en informer. Il essaye tout bonnement de nous monter les uns contre les autres en espérant que chacun passera aux confidences lors d’une conversation. Et c’est exactement ce qu’il essaye de faire ce soir là, me faire passer aux aveux concernant les autres. Il m’explique qu’il veut virer tout le monde et qu’il compte sur moi pour l’aider à trier les CV et à engager des personnes sérieuses (C’est ce que je suis sensée faire à l’instant même où je vous écris). Je me renseigne sur le nom des personnes qu’il compte virer pour voir qui est sur la sellette et il me cite… Tout le monde. Bien sur lorsqu’il me dit que Ankush est trop dissipé et Honey toujours en retard je me garde bien d’acquiescer même s'il n’a pas tord, et à l’inverse de ce qu’il attend de moi j’essaye de mettre en avant leurs bons côtés (finement évidemment).

En plus d’être un mauvais patron qui ne fait rien, crie sur ses employés, essaye de les monter les uns contre les autres… c’est aussi un cynique blasé de la vie. Le genre de personne que je ne supporte pas. L’indien riche de base. Trois critères pour reconnaître ce genre d’homme ici.

Aucune connaissance de l’amour :

Lorsque nous étions au Novotel, un homme d’une trentaine d’années était seul à côté de nous, il me dit donc qu’il veut l’inviter à nous rejoindre car il n’aime pas voir des gens seuls (jusqu’ici il me parait même gentil). Je lui réponds donc qu’il fait ce qu’il veut et que ça peut toujours être cool. Mais en fait il ne veut l’inviter que s’il me plaît bien. Je lui explique donc que non, je n’aime qu’un seul homme (même s’il est au Canada et qu’il fait ce qu’il veut) et que je m’en fous complètement de rencontrer quelqu’un ici. Il éclate alors de rire (le genre de rire cynique/méchant que l’on ne voit que dans les films au ralenti et ou tu te sens seule et que l’on pourrait écrire MOUAHAHAHAHA) Il me répond que dans quatre jours il se serra déjà tapé quatre filles et que je ferais mieux de ne même pas espérer une seconde. Comme je n’ai pas envie de parler de ma vie sentimentale avec mon patron (et encore moins un indien). Je le laisse dire. Et de toute façon lorsqu’il me raconte sa vie sentimentale (et que j’en apprends un peu plus par d’autres personnes) je me dis qu’il est vraiment très mal placé pour me donner des leçons sur les relations amoureuses. Plus de 40ans, non marié (ce qui est énorme pour un indien) et ne planifiant pas de l’être, en relation avec une russe de 24ans, pris sur le fait (à tromper sa copine) trois ou quatre fois l’an dernier avant qu’elle ne le lâche. Cet homme n’a absolument aucune idée de ce que peut être l’amour visiblement.

Aucune raison qu’on lui dise non : Tu peux inventer toutes les excuses du monde, s’il a envie que tu reste prendre un verre avec lui, tu vas rester. J’ai eu beau lui dire que je devais aller parler à mon papa qui rentrait d’une semaine d’hôpital, il a fallut que je reste jusqu’à 22h. Idem, j’ai beau eu lui dire que je ne voulais pas boire d’alcool, il m’a offert un verre de Martini (en plus je n’aime pas le Martini) qu’il m’a donc fallut boire. Et c’est comme ça pour tout, pour eux en Inde tout est possible (et c’est vrai) et ceux qui leurs disent non sont des paresseux qui ne veulent pas dépasser leurs limites et se contentent de dire « non je crois que ça n’est pas possible » sans même avoir tenté quoi que ce soit. (Pour ce genre de chose ils ont raisons, de ne pas vouloir entendre dire non, c’est comme ça qu’on fait de grandes choses professionnellement). Le problème c’est qu’ils font pareil en dehors du travail. Jamais content : Le plat n’est pas assez épicé, blablabla, le martini n’est pas un vrai martini, il est toujours en retard… Lorsque j’ai eu le malheur de faire comprendre à mon patron que je n’aimais pas mon stage et que si ça continuait je partirai, il m’a juste répondu, ne t’inquiètes pas bientôt tu vas adorer ça, tu vas apprendre pleins de choses en 9mois (et voila il avait occulté le fait que j’allais partir). Selon lui je me suis ennuyée à cause des autres, maintenant qu’il est là tout ira mieux. [Il va avoir un choc quand je vais lui apprendre que je m’en vais pour une autre compagnie, dès que j’aurai trouvé un nouvel employeur]

Aucun attachement à son pays : Je vous ai dit qu’il voulait en partir mais ce n’est pas tout. Il critique également l’accent anglais des indiens, parce que Monsieur a été éduqué dans une école correcte, lui parle très bien anglais mais les autres sont insupportables. Il ne veut pas me voir habillée en Kurta et me demande expressément de m’habiller en formel occidental. Ce que je traduis dans mon esprit par « il rêve que je me mette en jupe pour baver tous les matins », associé à l’image…d’un porc.

Aujourd’hui même je viens d’apprendre qu’il me fliquait moi aussi, en demandant à un de ses employés à quelle heure j’étais arrivée (j’étais malade et je me suis donc permis d’arriver une heure en retard au lieu de prendre un jour off).

Cet homme a tout compris, rien de mieux pour motiver ses employés que de leur crier dessus, et de les menacer de se faire virer (personnellement je m’en fous !). Ce qu’il y gagne pour l’instant ? Une équipe qui ne se fait pas confiance (qui balancera sur l’autre en premier), une sale ambiance, une démission (Supriya), et des conspirations dans son dos (un grand nombre d’employés préparent leurs transferts sans lui dire)

Il critique, mais au fond, dans son bureau il ne fait pas grand-chose, et il ne sait même pas utiliser Excel. Il n’a pas versé le salaire de 3 de ses employés depuis 2mois alors qu’il vient juste de me donner 8,000Rps pour couvrir mes frais de transports (soit plus de la moitié du salaire d’Ankush)

Point culturel du jour: Si la Cour Suprême reconnaît depuis 1997 le harcelement sexuel au travail comme forme systèmatique de discrimination envers les femmes, il n'existe cependant pas de législation concernant le harcelement moral en général

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