Manali : Au pays du chanvre, parenthèse dans un havre de paix

Publié le par ind'épendante

Bon, nous sommes le 16 mais comme c'est seulement le début de la nuit faisons comme si on était encore le 15 et je vous souhaite à tous un très joyeux "Independance Day" Indien!

 

Nous voila donc à la gare routière de Manali, je prends directement mon billet pour Amritsar, dernière étape de mon voyage. Moi qui songeais à le raccourcir il me semble désormais trop court de quelques jours. On prend un rickshaw pour Old Manali où il parait qu’il fait mieux vivre pour les touristes car c’est plus animé, plus détendu aussi. Le rick nous dépose au pied de la pente (trop raide pour qu’il puisse la monter) et alors que j’arrive de six jours de trek je suis épuisée rien qu’en la montant ! Le monde à l’envers ! Après hésitation entre plusieurs guesthouses, nous décidons avec les filles de prendre une chambre au touristnest pour 600rs (avec un matelas pour moi sur le sol puisque je ne reste qu’une soirée). On tombe par hasard sur Maxime, Sam et Baptiste, juste en face de la GH en sortant ! Le monde est vraiment petit ! Eux aussi sont de la même école que les filles et Bruno et Cyrille, j’en connais d’ailleurs certains. Nous allons donc ensemble manger, le service est long, trop long, avec des cheese naan sans fromage à l’intérieur ! De quoi râler !

 

[Petite parenthèse sur les cheese naan : En France ce que nous appelons des cheese naan ce sont des naan contenant du fromage fondu à l’intérieur, souvent il s’agit de kiri. Cependant en Inde, et je le savais en y allant, le cheese naan n’est en fait qu’un naan avec du simple fromage râpé dessus ce qui est nettement moins bon. Dans certains restaurant cependant, les cheese naan sont les mêmes qu’en France, mais sinon il porte plusieurs noms différents comme cheese parathas. J’expliquais donc toujours très clairement aux restaurateurs ce que je voulais (le fromage dedans) mais la plupart du temps je n’en voyais pas à la carte. J’étais donc heureuse de savoir que j’allais enfin pouvoir en manger depuis au moins un mois, d’où mon agacement et surtout ma déception quand celui de Manali m’a juré qu’il y aurait du fromage à l’intérieur et que ça ne fut pas le cas !]

 

Après le repas tout le monde est crevé, sauf Max qui veut aller voir le match de foot car la France joue. Je fais un tour sur internet pour rassurer tout le monde, je prends une bonne douche chaude (ENFIN !) et je rejoins Max dans un bar pour le match en me dépêchant car il devrait déjà avoir commencé… sauf qu’il est différé de 30minutes pour cause de pluie, tant mieux, je n’ai rien raté ! Max a sympathisé avec un groupe d’israéliens (décidemment ils semblent être beaucoup à voyager en Inde). Ils sont adorables et confirment le cliché sur Manali : C’est la ville du cannabis ! En effet, que ça soit dans les bars ou dans le village, beaucoup en fume et il en pousse partout (et moi je n’étais même pas au courant avant d’y mettre les pieds car je suis obligée d’y transiter et je n’avais pas vraiment lu les résumés sur les guides). J’ai même vu le long de la route des herbes folles qui s’avéraient en fait être des plans, et il parait qu’aux alentours de la ville, il vaut mieux éviter certaines randonnées, de peur de disparaitre si l’on se promène dans certains immenses champs car rappelons que tout ceci est évidemment illégal bien que ça soit de notoriété publique que la région abrite ces activités (puisque c’est même écrit dans le routard et le lonely planet). Enfin, je pars à la mi-temps du match car je suis épuisée. Dommage, je rate les deux buts français, mais au moins je dors bien.

 

Comme j’ai encore peu rendu justice à cette ville dans le début de cet article je compte me rattraper pour la suite. Manali c’est peut être en partie un repère de hippie et de baba cool mais c’est surtout une ville où transite des centaines de jeunes internationaux qui reviennent ou vont souvent au Laddakh. Il y règne une ambiance très sereine et pas seulement à cause des substances illégales qui se font en fait plutôt discrètes, bien qu’elles poussent en pleine nature. Ce lieu jouie d’une végétation assez dense et donne envie d’aller faire de nombreuses randonnées aux alentours, voir des treks qui ont l’air aussi intéressants que plus haut même si ça ne sont pas les mêmes sensations et les mêmes paysages. Il doit faire bon rester 3, 4 ou 5 jours, avec quelques amis, le temps de réapprendre à laisser le temps filer, au bord de la rivière, et encore à l’air pur, toujours aussi loin du bruit et de la pollution qui est reine en contre bas, car nous sommes toujours un peu en altitude ici.

 

C’est sur cette « mise au point » que nous reprenons le récit : Le lendemain, nous apprécions toujours la façade et le jardin de notre GH avec des roses et un petit air de maison anglaise des alpages (ce qui est sans doute le cas). Vers 10h30 les garçons ont rendez vous avec d’autres filles pour le petit déjeuner et ils m’ont dit de les rejoindre (car les filles qui sont avec moi vont faire la grasse mat’). Je me lève à … 10h25… et je cours et ils ne sont pas au « pont ». A moins que ça ne soit pas le bon…, je remonte l’aller un peu dépitée : Ah si ! Ils sont juste eux-mêmes en retard ! On prend donc le petit déjeuner au Blue Elephant Café, le service est aussi très long (1h) mais dans l’ensemble c’est bon. En face de nous, sur le fleuve qui borde le restau en contre bas, les indiens s’amusent sur une corde suspendue… « Il en faut peu pour être heureux »…

 

Les mecs nous apprennent qu’ici l’eau de source est on ne peut plus sûre et qu’on peut donc la boire, je m’y essaye, on verra bien demain. Je vais faire un peu les magasins en début d’après midi mais n’achète rien. Les prix sont quand même assez élevés partout, pas étonnant avec tous les touristes que nous sommes. Je repasse finalement à la GH et on finit par rejoindre les garçons tout en haut (encore de la grimpe !) dans le coin sans touristes, plus paisible, plus authentique. Ils ont eu la chance de trouver une mini guesthouse au dessus d’un atelier d’étoles en laine de yak, chez l’habitant. On nous donne l’occasion de pouvoir observer les métiers à tisser et le travail ainsi que le résultat mais encore une fois on n’achète rien, d’autant que mon sac et surtout les affaires du Laddakh en laine commencent à prendre de la place et à peser. Juste à côté l’atelier donne sur une petite terrasse à l’avant de la maison sur laquelle nous jouons ensemble au Président autour d’un verre (la maison tient aussi un petit bar). C’est déjà l’heure de partir pour moi et je n’ai pas gouté les « apparemment » délicieux cookies d’une des boulangeries en ville. Pour une prochaine fois, dommage que je sois restée moins de 24h !

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