Leh/Manali : L’une des routes les plus dangereuses du monde, l’une des plus hautes aussi

Publié le par ind'épendante

Au revoir évidemment seulement à mes compagnons car l'aventure ne s'arrête pas encore là, bien qu'elle touche bientôt à sa fin... plus que quelques jours de récit.

 

Presque deux heures de route pour retourner à Leh tandis que mes compagnons finiront à pied demain la boucle, je revois les paysages du jour de la visite des temples, c’est dégagé, je ne suis plus totalement au milieu de nulle part. Le chauffeur et les français me font peur pour la route à venir, j’ai laissé mon « testament » au cas où, mais bon, déjà que je ne voulais plus jamais reprendre le bus après le Rajasthan, si en plus c’est pour prendre un bus dont tout le monde à peur…

 

Arrivée à Leh je passe par l’agence, petite embrouille avec Dadul qui dit que je n’ai pas payé le taxi alors que si, finalement j’obtiens gain de cause et il me rend l’argent de celui-ci puisque je l’ai fait annuler. Il insiste pour qu’on me conduise à l’hôtel en voiture, c’est vraiment un homme gentil, je vous le recommande si un jour vous passez par là bas.  Je me prends une chambre pour quelques heures ce qui ne me coûte qu’environ 2€ car mon bus est le soir même. Je prends aussi un bon repas, notre gentil serveur me reconnait d’il y a une semaine. La douche commune est gelée mais tant pis, je réprime mes cris car j’en ai trop envie. Cependant j’attendrais pour les cheveux. Un petit s’égare dans l’escalier, je l’aide à descendre car j’ai peur qu’il tombe, il est trop chou ! Je vais ensuite sur internet pour envoyer des petits mots au cas où ! Je ne veux pas mourir ! ^.^ Je retourne enfin à la chambre en attendant l’heure malgré la fatigue car si je m’endors j’ai peur de ne pas me réveiller.


Allez, je m’en vais à pied, de nouveau le sac sur le dos, fin de la parenthèse, retour à la route en solitaire, cependant je n’ai plus vraiment peur de la solitude, je sais que tout ira bien. J’ai peur des chiens qui hurlent à la mort sur la route toute noire mais en 20minutes j’arrive dans le centre de Leh car je connais le chemin comme ma poche. J’enlève mon gros pull car j’ai chaud et je suis alors trahie par les lettres d’or sur mon pull « Sciences Po Aix », deux français en blouson d’aviateur comprennent alors que je suis française également. Ils viennent de Bordeaux. Cependant nous n’aurons pas le même bus. Néanmoins deux françaises à côté de moi auront le même que moi et coïncidence énorme, elles viennent de la même école que Bruno et mon pote Cyrille. Les quatre me racontent les histoires du minibus qu’ils ont déjà pris à l’aller. Celui des garçons a crevé trois fois et la batterie a pris feu. Un bus au Rajasthan en a percuté un autre deux jours plus tôt. Rien de bon. Mais de toute façon il va bien falloir redescendre des montagnes alors on embarque. Le début de la route est normal et goudronné mais je le savais. Je tente de dormir sans grand espoir (heureusement je suis devant grâce à Dadul) mais le chauffeur roule fenêtre ouverte pour éviter que la buée ne se forme sur le pare-brise. Il fait donc super froid ! Nous sommes partis vers 00h et si la première demi-heure s’est bien passée très vite ça secoue énormément, je vous le chauffeur qui braque et contre braque en permanence et s’accroche au volant. La lune éclaire la route et me rassure car elle est cependant très large malgré le nombre hallucinant de bosses et de trous dans la chaussée. Pas de quoi s’inquiéter.


Vers 5h du matin c’est l’heure de la pause, on admire le lever de soleil dans les montagnes. J’ai confiance dans le chauffeur. J’achète de l’eau à 30rs ce qui équivaut un peu au sketch de Gad Elmaleh sur le Coca dans les bars d’altitude et d’autres petits trucs à grignoter pour la route. Les filles ont aussi des provisions qu’elles partagent gentiment. Je commence à prendre pleins de photos car on ne m’avait pas menti, la route est sublime : sommets enneigés, cheminées de fée, alpages, rivières translucides, et je filme également quand le conducteur commence à me faire peur. La route n’est en fait pas si dangereuse la plupart du temps et elle est bétonnée sur de grosses portions mais c’est néanmoins une route de montagne avec des virages en épingle. Malheureusement ce sont sur ces segments un peu « mieux » que le conducteur prend confiance et se met donc à conduire n’importe comment, à croire que son idole c’est Schumacher, sauf que nos pneus ont moins d’adhérence. Ce qui devait arriver arriva : Nous avons donc crevé ! Enfin, le pneu a explosé en fait et a été changé par une autre roue qui nous inspirait peu confiance. On fait deux petites pauses à 10h et 14h. Je décide de dormir quand j’ai peur ou de faire des sudokus pour ne pas regarder la route. Le chauffeur sera toujours le même jusqu’à l’arrivée, de quoi continuer à trembler, il n’a pas dormi lui depuis le départ. Il y a régulièrement des contrôles de passeport ce qui est relativement énervant vu qu’on nous arrête très souvent. Il faut dire que les frontières chinoises et pakistanaises ne sont pas très loin et qu’il n’existe que deux ou trois routes pour descendre des montagnes du Nord de l’Inde vers le « bas » du pays. On passe des cols à 5400 et 5000m, heureusement je suis déjà habituée à l’altitude. Juste avant notre arrivée nous passons par une station de « sport d’hiver », la neige est jaune, et il n’y a pas de ski, seulement des motos neige, et des pneus en guise de luge, ainsi que des sièges en bois pour s’asseoir au soleil et prendre à boire. Des dizaines de tentes et des stands immondes au possible. Les indiens gâchent vraiment le potentiel de la nature ! Un mec a vomi à travers la fenêtre de notre bus, pour vous dire combien il est temps que nous arrivons, et les garçons n’ont pas mieux dans le leur, des fils de politiciens de Pune squattent leurs meilleurs places, décuvent et fument toutes sortes de drogues.


On arrive finalement sains et saufs à Manali après des courses poursuites interminables et des nuages de poussières qui cachaient la visibilité des chauffeurs, ainsi que l’endormissement répété de ce dernier. Il est plus ou moins 18h, autant vous dire que je ne conseille à personne de ne pas respecter les règles de sécurité du genre « faites un arrêt et dormez un peu sur les aires d’autoroute si vous êtes fatigués », ces chauffeurs sont des grands malades, mais OUF ! Je suis en vie !

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