Le système éducatif en Inde (Partie 1)

Publié le par ind'épendante

Je sais que vous m'avez posé des questions, et que je mets du temps à y répondre mais je les garde en tête, pour le cours de yoga c'est que je n'ai pas encore eu le temps en dehors du boulot, pour la politique, laïcité et religion c'est que la question sera traitée en plusieurs articles et que je suis en cours d'observation.


Mais voici donc une réponse pour ma Marraine: Y a-t-il des crèches, comment fonctionnent-elles etc. Je ne pense pas que j'aurai le temps d'aller faire un tour dans l'une d'elle mais travaillant à la rubrique "Education et Carrière" du journal je me dois quand même de vous faire un point sur le système éducatif en Inde dans lequel la réponse sera incluse.

Les différents stades de la scolarité: L’Inde tient son système éducatif du système éducatif anglais, pas étonnant donc qu’on y retrouve la même organisation :

Les crèches : (Tout ce que je vais écrire vient de ma collègue de bureau qui a des enfants en bas âge). Il existe des crèches publiques et privées mais les meilleures sont bien évidemment privées. Elle paye la sienne 50,000roupies par an ce qui fait à peut près 600€. Il existe (tout comme en France) des listes d’attente épouvantables et les parents passent un véritable « casting » pour que leur enfant soit admis. Il apparait notamment que ce soit pour vérifier le « background » économique. Et non les indiennes ne sont plus femmes au foyer, qui pouponnent, elles ont aussi un travail et même si elles ne sont pas encore des Rachida Dati en puissance elles reviennent rapidement au travail pour laisser leurs enfants à la crèche (surtout à Mumbai je peux supposer). Sachez également que le congé maternité est de 12semaines. En ce qui concerne le père ça dépend de sa fonction (d'apèrs mes recherches les fonctionnaires de l'Etat ont droit à 15jours) et de l'Etat dans lequel il vit.

La grande nouveauté c’est qu’entre la crèche et la maternelle il existe ce que j’appelle une aberration. Une sélection par entretien avec les parents ET avec l’enfant pour entrer dans les meilleures maternelles (oui, oui je parle des maternelles et pas des écoles primaires). Les indiens vont jusqu’à créer des classes « prépa » pour préparer l’enfant aux entretiens d’admission en maternelle.

Pre- Primary School (Maternelle) : Puisqu’on ne rigole pas avec le besoin de connaissance, sachez que dans le système scolaire indien on sous estime, du moins dans le public, la nécessité de l’apprentissage par le jeu. Ainsi, si dans nos écoles l’enseignement commence réellement à 6ans dans les écoles primaires, ici en Inde, dès la maternelle on commence la théorie. Au programme : Lecture et écriture de mots basiques. L’apprentissage par le jeu, a un rôle moins développé qu’en France, ce qui est pourtant tout aussi important, car le jeu peut être ludique.

Primary school  (Ecole primaire) : de la « 1er à la 5ème » (6à 11ans)

Middle school et (Collège): de la “6ème à la 8ème »

Secondary School et Higher Secondary School (Lycée): de la « 9ème à la 10ème » et de la “11ème à la 12ème”

Undergraduate (Université jusqu’à la licence): C’est en fait un peu plus compliqué que ça et ça depend du cursus, en medicine un undergraduate obtient son diplôme en 4ans et demi + 1an de stage

Postgraduate (Université en Master): Qui se fait généralement en 2ans comme en France.

Particularité, l’enseignement théorique :

Ce qui ressort de toutes mes expériences c’est que les indiens, depuis leur plus jeune âge, reçoivent un enseignement dit théorique. C'est-à-dire principalement basé sur l’apprentissage par les livres et les cours dispensés par les professeurs. Il apparaitrait donc qu’ils ont énormément de connaissances, mais que cependant lorsqu’il s’agit d’exercer son sens critique ça devient un peu plus compliqué. Ainsi la principale critique actuellement dans le système scolaire indien est le manque d’enseignement pratique. (Ce qu’ils appellent le « practical »). La plupart des universités étrangères qui viennent s’implanter en Inde l’ont d’ailleurs bien compris et c’est ce qui fait la force de l’enseignement qu’elles proposent aux étudiants qui recherchent à pouvoir faire des stages et à pouvoir assurer une transition plus facile du monde de l’école au monde du travail. Les enseignants de ces écoles internationales remarquent d’ailleurs souvent cette disparité entre les indiens et les autres au niveau de la communication avec le professeur. Ici, les élèves ne sont pas habitués aux interactions avec les professeurs qui font de grands monologues. De plus il existe un fort respect de l’autorité de ce dernier qui fait que les cours sont peu sujets à discussion.

La suite bientôt...

Publié dans Culture et société

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