Le rickshaw

Publié le par ind'épendante

Ce moyen de transport à mi-chemin entre le taxi, le tuktuk et la moto est un détour obligé lorsque l’on visite l’Inde. Ne serait-ce que parce qu’il est très difficile de comprendre comment fonctionnent les bus (surtout quand leur destination est écrite en hindi). Voici donc le mode d'emploi du Rickshaw à travers les multiples rencontres que j’ai faites pour le moment.  

 

P1060547.JPG

 

Le faire s’arrêter : Sachez que le signe « stop » que nous utilisons en France, peut être assez mal perçu ici. En effet même si à Mumbai les gens le comprennent dans les campagnes alentours, le pouce en l’air est plutôt l’équivalent d’un doigt d’honneur français. Il faut donc positionner sa main paume vers le bas avec l’index tendu qui fait un mouvement de va et vient de haut en bas (similaire à un « vient ici » français mais dans l’autre sens, ou bien à quelqu’un qui tapote sur sa clope pour en faire tomber la cendre) .

Une fois que le rickshaw vous a remarqué, ne vous attendez pas toujours à ce qu’il s’arrête complètement. Il roulera au ralenti. Il faudra alors très rapidement (et assez fort pour couvrir le bruit de la circulation) lui indiquer le quartier où vous vous rendez (et pas encore la rue ou le Landmark). S’il ne connaît pas il vous ignorera tout simplement en repartant sans dire ni oui, ni non, ni M*****. C’est comme ça un point c’est tout.

Sinon il s’arrête et remet son compteur à zéro (enfin à 1 :00) assurez vous qu’il le fasse.

 

Lui indiquer la destination (et s’assurer qu’il la connaisse) : ça y est, le rickshaw s’est arrêté pour de bon. Avant de monter, indiquez lui alors le landmark pour être sur qu’il connaisse bien (que vous ne vous retrouviez pas ensuite à demander votre chemin toutes les 30sec). S’il dodeline de la tête un peu comme un « non » français ne vous inquiétez pas, ça n’exprime pas un doute mais un « oui » en Inde. Les landmarks peuvent être le nom d’un sous quartier, d’un lieu dit (en général les rues de magasins), d’un hôtel, le mac Donald, ou tout autre chose assez connu et reconnaissable dans le coin. Ne cherchez pas à lui donner le nom de la rue et le numéro de l’immeuble sauf si c’est une grande artère. Ici les rues ont changé trois fois de nom en 16ans et elles ne sont pas toujours écrites. Les locaux les connaissent bien mieux que les taxis (et évidemment ils n’ont pas de GPS).

 

Lui indiquer la direction : Puisque le rickshaw ne connait pas le nom des rues, une fois au Landmark il va falloir le guider. Je sais que c’est complètement illogique, puisque vous non plus vous n’êtes pas sensé connaître la ville, mais c’est comme ça. Ou alors il faudra demander aux passants qui sont du coin de vous indiquer le chemin. Si vous avez donc rendez-vous quelque part, choisissez un landmark plutôt qu’une rue ou demandez à ce qu’on vous explique avant. Munissez vous peut être d’une carte si vous le pouvez, ainsi vous pourrez guider le rickshaw. Sinon faites comme moi, allez y une fois avec quelqu’un qui connait, trouvez vous des repères sur la route pour pouvoir indiquer au rickshaw quand tourner. (Pour ma part : Panneau Versova, tourner à gauche, magasin Vodafone tourner à droite, Some like it hot tourner à gauche puis première à droite ^^). Essayer aussi de vérifier que le taxi ne vous fait pas faire des détours en prenant d’autres repères durant le trajet.

 

Payer : Le rickshaw ayant remarqué votre peau blanche (comme tout le monde ici), et ayant bien vu que vous compreniez vaguement ce qu’il vous demandait quand il voulait savoir la route (ou même que vous n’avez rien compris du tout) il peut parfois penser vous arnaquer.

Petit 1 apprendre la phrase « Kitna huo » qui veut dire « Combien ça coûte ». Ainsi il voit que vous avez appris un peu d’Hindi, ça le fait toujours.

Petit 2 : Demander la « card » c'est-à-dire la carte sur laquelle est inscrite la correspondance entre ce qui est écrit sur le compteur et les prix, ainsi il ne peut pas vous arnaquer puisque c’est écrit noir sur blanc et que c’est la même chose pour tous les rickshaw.

Petit 3 : Imprimer la carte, si c’est possible, comme ça vous êtes sure qu’il ne vous tend pas une fausse carte.

Petit 4 : N’hésitez pas à demander la monnaie s’il ne vous la rend pas. Je sais que se battre pour 30rps en France c’est ridicule (50cts d’euro) mais si vous faites le trajet tous les jours, deux fois par jour, vous allez vite comprendre que si vous vous laissez avoir à chaque fois l’addition sera vite salée.

 

En cas de problème :

Si le rickshaw n’est pas net : Le mieux est encore de ne pas monter, si vous voulez tout de même le prendre noter son numéro d’immatriculation, il saura ainsi que vous pouvez appeler la police des rickshaw à tout moment et le signaler 

Si le rickshaw vous fait faire des détours ou vous a perdu : Lorsque vous vous en rendez compte descendez. S’il vous a quand même mené sur la bonne direction vous pouvez le payer (moins que ce qui est sur le compteur s’il vous a fait faire quelques détours). S’il vous a carrément perdu, ou que le prochain rickshaw va vous coûter plus cher que ce que le trajet initial aurait du valoir, et bien partez sans payer. Après tout, il l’a cherché non ? (attention quand même, parfois les rickshaw prennent des petites routes pour éviter les bouchons, ils sont honnêtes en général)

Si le rickshaw n’a pas la monnaie : Il faut dire que ça arrive souvent. Il vaut donc mieux toujours avoir des billets de 10, 20 et 50rps sur soi si on veut avoir la monnaie, en général on arrondit à la roupie supérieure voir à la dizaine supérieure ne vous en offusquez pas s’il ne vous rend pas vos 2rps et 30cts parfois ce sera vous qui ne les lui donnerez pas. Si jamais vous n’avez que des grosses coupures, et bien il vous faudra aller à la recherche d’un marchand qui a de la monnaie. Personnellement le chauffeur a fait le choix de me suivre dans les rues et m’a réclamé la somme des mètres parcourus en plus. J’avais regardé le mètre (le compteur) avant de sortir de la voiture et je lui ai fait comprendre que je savais combien je devais payer et que je n’allais pas payer en plus le temps qu’il m’a attendue alors que c’est lui qui n’avait pas la monnaie. Et puis de toute façon, il peut crier tout ce qu’il veut en hindi, je ne comprends pas :-)

Le mètre ne marche pas : Si pendant les premières minutes il reste à 1 :00 c’est normal, c’est la charge minimum lorsque l’on monte dans un rickshaw, il écoule donc les1er kilomètre déjà au compteur sans que celui-ci ne bouge. Puis il change de 10 en 10 c'est-à-dire 1 :10, 1 :20 etc. S’il ne change toujours pas il vaut mieux descendre à moins de connaître le prix du trajet sinon le rickshaw vous fera payer plus c’est sur. Dites lui que son compteur ne marche pas avant de descendre (parfois il vient juste de tomber en panne). Deuxième chose : le mètre marche et le rickshaw y ajoute des kilomètres. Faites attention parfois le conducteur remonte une sorte de mécanisme qui ajoute des kms au compteur, souvent lorsque vous êtes inattentif ou lorsqu’il est arrêté à un feu rouge. S’il le fait, arrêtez le tout de suite, voir changez de rickshaw.

S’il ne veut pas vous prendre : Normalement ils n’ont pas le droit de refuser un passager, mais lorsque le lieu est trop près de là où vous êtes, ils savent qu’ils se feront peu d’argent et vous laissent, seul, à attendre désespérément un rickshaw qui veuille bien vous prendre. Dans ce cas trois solutions :

- Marcher : J’ai l’impression que les bombaites sont un peu flemmards sur les bords, parfois marcher ça va plus vite que d’attendre un rickshaw, c’est meilleur pour la santé et pour le porte monnaie

Faire preuve de patience : au bout de dix, y’en aura bien un qui vous prendra

- Faire preuve de persuasion : Soit vous le menacer d’appeler la police des rickshaws (un peu trop radical et puis ça nécessite de bien parler l’hindi), soit vous le suppliez (il faut aussi assez bien parler l’hindi) soit vous lui indiquez une destination plus loin mais qui emprunte la même route que la votre, vous lui direz de s’arrêter là où vous voulez et puis c’est tout ! (bon c’est un peu de la traitrise mais parfois c’est la seule solution)

S’il essaye de vous arnaquer : Montrez lui que vous avez la carte, que vous n’êtes pas une touriste de base (même si vous l’êtes peut être), ne descendez pas tant que vous n’avez pas eu votre monnaie, réclamez la.

 

 

Petit récit: Monsieur le rickshaw après m’avoir promis juré de connaître la route où je me rendais (il n’y a pas de Landmark à côté de là où habitent mes potes françaises) se perd un peu dans le quartier de Bandra, je lui dis donc qu’il faut faire demi-tour au bon moment et il demande sa route. Une fois arrivée je l’engueule en lui demandant « pourquoi m’avez-vous dit que vous connaissiez la route ?! » La réponse est simple: Andheri/Bandra ça rapporte, alors on s’en fout si on ne connait pas la route on prend quand même). Puis je lui demande en Hindi combien ça fait et il me lance un « 200rps ». Ce qui n’est absolument pas le prix. Je sors donc ma carte et lui fait comprendre que c’est 150, comme je n’ai pas la monnaie je lui donne 200 et il me tend avec un large sourire 20rps. Je le regarde donc exaspérée en lui demandant ma monnaie, et comme il rigole toujours j’arrête de le prendre moi aussi avec le sourire « Je ne plaisante pas Ok !?! ». Je pense que c’est bon il a eu peur, il me rend toute ma monnaie et s’en va, son petit sourire narquois en moins.

 

Je suis blanche, mais vous n’allez pas me la faire les amis !

 

 

Estimation des coûts :

Andheri/Bandra = environ 130 à 150rps selon les embouteillages

Juhu/Andheri = 50rps

Santacruz (aéroport)/Bandra = 60rps

Pour une valise c’est taxé 50paises (centimes de roupies) supplémentaires (ça ne se traduit même pas en euro)

Ensuite tout dépend de où vous allez exactement et de votre chauffeur. Ça peut aller du simple au double : Aujourd’hui j’ai eu la très bonne surprise de payer 80rps le trajet Andheri/Bandra alors que j’ai pu parfois payer jusqu’à 170rps (après minuit)

 

P1060543Un chauffeur de rickshaw ça ressemble à quoi ?

A un indien de base qui parle souvent hindi et trois mots d’anglais (et encore), il conduit son rickshaw (à trois roues) avec un guidon de moto et le plus souvent pieds nus, il crache par terre à tous les feux rouges (quand il ne les grille pas). Et c’est un as du volant : il se faufile dans le trafic à coup de klaxon, freine (parfois violement) quand un imprudent traverse la route (il n’y a pas de passage piéton la plupart du temps), et parfois me fait assez peur (colle un peu trop les voitures, freine un peu vite alors qu’il n’y a pas de ceinture à l’arrière, te fait décoller du siège avec toutes les bosses de la route qu’il prend à fond, voire fait de l’aquaplaning par temps de mousson). Parfois il a un ruban accroché à son volant ce qui est sensé lui porter bonheur sur la route, et il affiche ses idoles sur son pare-brise par des petites vignettes autocollantes.

 

Point culturel du jour: Les rickshaws sont interdits dans le Sud de Mumbai, seuls les taxis ont le droit d'y circuler. Ici un taxi déménageant un canapé.

P1060198

Publié dans Moyens de transport

Commenter cet article