Le chemin inverse

Publié le par ind'épendante

A 3h30 le réveil sonne et l’envie de se lever n’est plus là. Je regarde par la fenêtre et m’aperçois qu’il y a un épais brouillard accompagné par de la pluie. En conclusion, il n’est pas question de se lever. Je relis le routard ET le lonely qui disent tous les deux la même chose « pas la peine par temps de pluie ou de brouillard ». On se rendort donc avec regret, nous ne verrons pas le deuxième plus grand sommet de l’Himalaya. A 5h un orage éclate… nous avons bien fait. Le réveil s’effectue donc vers 10h, j’ai toujours la nausée… ça sent l’intoxication alimentaire ! ça doit être les frites rances du Glendary… beurk !

Nous nous aventurons tout de même sur le marché, après une dernière rude montée du village car nous avons encore essayé un chemin de traverse qui nous a perdues, pour faire quelques achats. Châles (et non pas écharpes) et gants sont à l’honneur. On s’arrête pour prendre un thé local, pour moi ça sera le Margareth Hope Spring. Sur la place on dirait qu’un spectacle se prépare mais rien ne se passe. Seulement deux filles nous dépassent dans la rue et sont habillées traditionnellement ce qui nous fait deviner que quelque chose se trame. Mais il n’est plus l’heure pour nous de profiter des festivités, Adieu poignard, bijoux en argent, masques trop lourd ou trop cher, il est temps de manger et de récupérer nos affaires. Retour au restaurant de la veille, je ne mange rien, je suis officiellement malade.

On trouve une Jeep pour 150rs pour descendre et nous acceptons sans négocier cette fois. Ganesh est avec nous sur le tableau de bord. Je suis assise sur un siège aménagé entre la place du conducteur et celle du passager de l’avant ce qui permet au conducteur de me caresser la cuisse et de délicatement rentrer son coude dans mes cotes ou mes seins à chaque virage (mais ça n’est évidemment pas de sa faute). Il conduit très bien, respecte toutes les règles, un BONHEUR ! La route parait moins longue mais nous n’avons pas de pause et nous attendons impatiemment d’arriver à la gare. La vallée est dégagée cette fois et la vue sur les champs de thé se dévoile. Un indien nous klaxonne, on fait marche arrière pour le laisser passer et il s’arrête tout de même pour insulter notre chauffeur. Ça m’énerve et entre fatigue et nerf je lui réponds du tac au tac « Jaho » (va t’en), ce qui fait rire toute la voiture et le chauffeur qui d’un signe fait comprendre à l’autre « Même si l’étrangère le dit, alors va t’en ».

A la gare, les courbatures, la fatigue et le poids du sac deviennent un fardeau, la fièvre me prend et je me sens presque incapable de me porter, à deux doigts de m’effondrer par terre. Le mental lâche. Je sais qu’il n’y a rien d’autre à faire que de pleurer et d’attendre, c’est comme une soupape de sécurité pour mieux repartir. Alexandra est un ange et m’apporte un thali dont je ne peux manger que le riz… C’est le début d’une longue cure de riz blanc.

Nous attendons ensuite nos places, je me bats littéralement pour me frayer un chemin à travers les hommes pour apercevoir sur le panneau d’affichage : S6 23 ET… S6 23 : Encore deux places assises. Cette nouvelle finit de flinguer mon moral, moi qui ai besoin de m’étendre et de dormir. A l’intérieur tout est pris, il n’y a aucun espoir d’avoir une place comme à l’aller. Nous tentons le tout pour le tout en disant que la place au dessus de nous est également la notre car la femme qui a posé ses affaires dessus semble errer. Nous rigolons de notre blague dix minutes mais une autre dame clame également avoir un ticket indiquant cette place (3 sur la même place, une autre que nous ment également…). Le contrôleur ne nous dit rien… je m’endors sur la place du haut. Cependant dix minutes plus tard le contrôleur revient et essaye de me réveillant en tapant sur le matelas (comme si ça pouvait marcher si je dormais vraiment…). La scène qui s’en suit ne fait pas ma fierté, je fais la blanche qui ne comprend pas, une tonne d’indien s’amasse, le contrôleur m’insulte en hindi auprès des passagers en pensant que je ne comprends pas ce qui finit par transformer ma petite comédie en fureur noire. Je lui dit de me parler en anglais, puis je l’insulte en hindi et finis par arrêter ma comédie car je ne veux pas être méchante envers la réelle propriétaire de la place (qui a après tout payé le même prix que moi et n’a rien demandé). Cependant, ils me refusent également le droit de dormir par terre alors que j’ai besoin de m’étendre. Je finis donc par courir vers minuit après un court sommeil en position assise vers les toilettes pour vomir, je retourne à ma place dans la plus grande dignité accompagné du regard des indiens auxquels je lance en français un « je vous avais prévenu ». La nuit reste tourmentée puis nous arrivons finalement à Kolkata de nouveau ! Je m’allonge enfin sur un lit chez les filles pour reprendre des forces

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