Kolkata la mystérieuse

Publié le par ind'épendante

Après une journée complète de « convalescence » entre dodo, médocs, et riz blanc je profite un peu de ma soirée pour traverser Kolkata avec les filles afin de se rendre à un repas chez un de leurs amis. Je ne pourrai tout de même pas gouter le mishti doy, une des spécialités de Kolkata en dessert. Mais le lendemain il est enfin temps de se bouger après une vraie nuit de repos : On recharge les batteries et on refait le sac et vers 16h30 direction les jains temple (une fois qu’il ne fait plus trop chaud). Il est difficile de trouver un taxi d’autant que c’est un jour de grève nationale. On trouve par contre plutôt vite alors que c’est assez difficile à trouver normalement. Les temples sont magnifiques, ornés de pierres, de céramiques et de miroirs et le temps s’est rafraichi. Le premier temple se compose d’un petit jardin et d’un bâtiment rose et violine très kitsch ainsi que le temple à proprement parler qui est très beau. Après m’être couvert les cheveux, fait une offrande pour un ami et avoir circulé dans le sens des aiguilles d’une montre je ressors pour voir les autres temples. Le 1er blanc et sculpté avec un bassin est beau mais semble vide, le second semble insignifiant de l’extérieur mais de très belles ornementations mais les photos sont interdites. Enfin le dernier temple qui en fait était le 1er est jaune ocre et entouré d’arbres. Il m’offre une jolie vue sur le temple d’en face dans la lumière du soleil couchant.

Il est l’heure de rentrer. Cependant le crépuscule me donne envie de rester quelques minutes de plus dans les rues. C’est en effet un instant rapide et magique à Kolkata qui m’a fait saisir la particularité et l’atmosphère de la ville en dix minutes. Les maisons coloniales délabrées aux couleurs ocres ne sont plus quelconques ; la poussière, les taxis ambassadeurs, les personnes dans la rue… Kolkata est une ville figée dans une époque et a des allures de voyou. Si Delhi est la ville de l’aube, là où tout est beau dans le froid mordant, quand la ville s’éveille lentement ; Kolkata est la ville du crépuscule, où durant quinze minutes, elle devient le lieu le plus inspirant pour imaginer un roman policier. Cette ville m’a fait penser au Chicago des gangsters durant ce laps de temps : la torpeur, la lourdeur, une chaleur si forte qu’elle pousserait tout homme au crime, à la violence irréfléchie ou au meurtre de sang froid. Ça me rappelait bizarrement un livre que je n’aime pas… l’Etranger de Camus. Kolkata est énigmatique, mystérieuse et une rumeur court le long des murs rouges ou faits de briques. C’est beaucoup moins une ville du futur que ne le sont Mumbai ou Delhi mais c’est une ville où je suis sure qu’il peut faire bon vivre. J’ai vu la misère de Kolkata mais elle ne m’a pas paru plus choquante qu’à Mumbai. On peut également l’éviter en trainant dans les beaux quartiers.

Pour achever mon élan romanesque qui me fait oublier mon regret d’avoir dû annuler mes visites de la veille, le taxi allume de l’encens et l’odeur ainsi que la fumée qui s’en dégage parachèvent mon film noir.

Je rentre pour deux fois moins cher qu’à l’aller, je mange ENCORE du riz (mais je me sens assez bien pour partir), dernière douche et discussions. L’angoisse enfin me revient : Je pars en SOLITAIRE !

Petite note de fin: Notez l’influence probable du film Kahaani sur ma vision de Kolkata. Un film qui n'a rien du Bollywood agaçant (chansons à foison et acteurs médiocres). Non vraiment, c'est un film plein d'humour, plutot bien joué et avec une intrigue intéressante. A voir pour la qualité des images et sa bonne retranscription de l'atmosphère des rues et de la vie en Inde

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