Kochi : L’Inde coloniale

Publié le par ind'épendante

Alors que le voyage en bus dura 1h30 et que la totalité ou presque se fit debout, nous eûmes tout de même le plaisir de pouvoir être au milieu d’indiennes et d’enfants magnifiques durant le voyage.

Et il faut croire que nous nous y sommes tellement habituées que nous avons raté l’arrêt sur l’île de Fort Cochin et que nous devons donc prendre le Ferry qui nous mena d’Ernakulam à Fort Cochin. La queue se divise entre hommes et femmes et évidemment je vais dans la mauvaise parce qu’au dessus était écrit « Fort Cochin » (Je me disais bien aussi que ça n’était pas normal que toutes les femmes aillent sur une île et les hommes sur l’autre). La vue est belle et donne l’impression que l’île à l’air paisible, reposante et propre (c’est parfait, ça continue sur notre lancée « on aime le Kerala »).


Une fois arrivée, nous constatons que la 1ère impression était la bonne. Puisque l’île ne fait que quelques kilomètres de large nous nous rendons à pied à l’hôtel (à 1,5km) malgré les assauts des rickshaws. Nous arrivons après avoir traversé un petit square pour enfants à Princess Road et tombons sur l’hôtel qui est une magnifique bâtisse datant de la colonisation portugaise. Il a du cachet avec ses poutres en bois et notre chambre au dernier étage, mais en plus il a internet en accès libre et gratuit, et une imprimante pour pouvoir imprimer nos billets d’avion de retour. Oh joie! oh bonheur! On se rend au restaurant (très cher et pas forcément très bon) pour pouvoir se reposer, et se noyer dans la junk food avec des hamburgers. Personnellement la simple vue du riz après 3jours à ne manger que ça me donnait la nausée. Une fois nos emails consultés et nos estomacs bien remplis nous partons à la découverte de l’île à pied puisqu’elle n’est pas grande.

La presqu'île de Fort-Cochin: Nous commençons par l’église dans laquelle reposa un moment la dépouille de Vasco de Gamma. Le cimetière hollandais l
ui est fermé. On en profite au passage pour faire du repérage dans les divers instituts proposant des massages ayurvédiques. Nous revenons vers le centre ville par le bord de mer, mais l’eau est ici aussi trop polluée comme nous l’indique les chalutiers et les usines au loin. Evidemment on regarde les fameux carrelets chinois et leur mécanisme puis on repart.1--76-.JPG Ici tous les vendeurs parlent français, c’est assez hallucinant, car si je savais que le français était la deuxième langue la plus apprise à l’école, sur cette île elle semble être la norme. On achète une carte mémoire de 4GO à 7€ (ne soyez pas dég) parce que j’ai perdu la mienne et on se dépêche (enfin je me dépêche et ma mère et ma tante suivent de loin) pour aller réserver nos places pour le spectacle de danse Kathakali du soir. Une fois cela effectué, il nous reste une demi heure pour aller prendre le thé, et ça tombe bien car le Tea Pot que nous voulions tester se trouve dans la rue d’à côté. Le spectacle fut très beau (plus de précision dans l’article sur la rencontre avec la vraie inde) mais personnellement j’ai encore plus aimé la femme qui se trouvait devant nous et qui m’a fait hurler de rire, à se plaindre en permanence, avec ses airs de femme outrée et ses conversations inintéressantes « Non c’est moi qui suis poisson, lui il est bélier » et ses magnifiques leçons de vie « Oh oui à mon âge… » « Je ne peux pas vivre seule mais c’est vrai qu’au fond on est toujours seul »  ou constats « je savais que ça allait être barbant ». Nous personnellement on a rien trouvé de barbant, ni au spectacle, ni à son one woman show. Nous avons également recroisé dans la salle le petit et son papa français (qui avait crié dans le bus à Munnar parce que le chauffeur redémarrait alors que son père était en train d’acheter à manger dehors). Et finalement nous avons aussi parlé avec un homme sympa à côté de nous qui avait un super appareil photo ultra technique.


De retour à l’hôtel, il fait nuit, on mange un bon repas avec pleins de fruits tropicaux que nous ne connaissions pas puis je retourne à l’ordinateur (notamment pour vous donner des nouvelles) et enfin me renseigner sur l’actualité ! Perte du triple A et Un an des révolutions arabes. Je savais bien que des choses importantes se passaient pendant que nous étions coupées du monde.

Au réveil, après s’être faites manger par les moustiques nous prenons un bon petit déjeuner et en route pour les massages repérés la veille. Cependant les employés ne sont pas encore là il faut donc prendre rendez vous. Nous nous rendons donc d’abord à la cathédrale Santa Cruz qui est équipée d’un super écran plat Samsung ce qui est assez marrant mais sinon les peintures valent le détour. Puis nous allons à pied jusqu’à Mattancherry dans le quartier juif même si au final la balade entre le centre ville et Mattancherry n’a pas grand intérêt. Tout d’abord nous nous rendons au Dutch Palace et comme j’en ai marre de ne pas lire les écriteaux je prends mon temps cette fois ci. Le palais appartenait donc à une sorte « d’empereur » qui a unifié le royaume en affaiblissant le pouvoir de ce qu’on pourrait appeler des vassaux (Toute ressemblance avec un cours de 1ère année à Sc po n’est pas voulue). Cet empereur a amené le progrès et les autres suivirent ses réformes. Concernant les femmes cette société à la particularité d’être matriarcale c'est-à-dire que le nom de famille de l’enfant est celui de la mère et que celle-ci a un rôle fort dans la famille. Les femmes jouissaient donc de grande liberté et n’étaient pas considérées comme un fardeau par les familles. Je parle au passé car cela a changé avec la fin des règnes et la tradition indienne a repris le dessus bien que le nom de la mère est toujours celui donné à l’enfant. Les photos sont interdites dans le palais (on en a quand même volé une ou deux), qui expose des objets appartenant à la famille et dont les murs peints sont vraiment très beaux. 1--313-.JPGUne fois sorties nous nous rendons à la synagogue en passant par le Bazaar qui a au final plus d’intérêt que la synagogue elle-même. Mais il faut résister niveau achat si nous ne voulons pas crouler sous le poids de nos sacs à dos. On se dépêche pour ne pas être en retard à notre massage même si pour ma part (et celle de ma tante) nous nous en serions au final bien passé. Une fois fini il nous reste une petite heure, juste le temps de se faire servir un petit encas très cher et pas forcément bon au très mauvais « Vasco café » (et oui il n’était pas sur le guide !) Je poste une dernière carte postale (qui arrivera un mois plus tard) et nous sautons dans le bus pour l’aéroport après avoir récupéré nos affaires.


Juste le temps de rigoler d’une chèvre tellement affamée qu’elle mange les affiches collées au mur et nous voila une heure plus tard dans un aéroport assez beau pour décoller en direction de Delhi. Je suis pour ma part excitée à l’idée d’aller dans ce qui est devenue « ma capitale » et également de savoir que deux jours après je verrai l’une des sept merveilles du monde. Mais j’ai également un peu la trouille, je n’ai jamais vraiment beaucoup aimé les décollages et atterrissages en avion. Le trajet de trois heures est l’occasion d’actualiser mes écrits et de ressortir mon guide français/hindi qui pourra enfin m’être utile dans le NORD !

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Anti Hélène 22/03/2012 20:36


En te lisant je m'y revois. Je ris bien, merci, bisous