Découverte d’une religion à part : Le sikhisme

Publié le par ind'épendante

Nous avons la chance de trouver une chambre « individuelle » dans le dortoir commun qui est inoccupée. On s’y installe car il y a deux lits et nous projetons de finir ou plutôt commencer notre nuit d’autant qu’il fait une chaleur atroce qui nous rend léthargiques. Des coréens amis de Suni (ma coréenne) nous expliquent rapidement le fonctionnement : Le dortoir est commun, on met notre cadenas sur l’armoire personnelle où l’on pose nos affaires, le lieu nous est exclusivement réservé, aucun indien ne peut y pénétré et des gardes sont à l’entrée pour s’en assurer et nous avons même, grand luxe, une salle de bain pour nous tous. Les toilettes elles sont au fond de la cour et ressemble à une installation de camping on ne peut plus moderne. J’ai gentiment rebaptisé la cour, la cour des miracles car c’est un joli patio encadré par les bâtiments à balcons où se trouvent des chambres en location pour les plus fortunés mais sur le sol, la nuit, des centaines de draps jonchent le sol pour accueillir les pèlerins qui y dorment. Je découvre à peine la beauté de cette religion : tout est accessible pour tous, douches, WC, eau (bon ok l’eau est publique en Inde donc ça ne compte pas), la gratuité est le maître mot tant qu’il est secondé par le don, à hauteur de la capacité de chacun.

 

Je retourne à la chambre après ce petit tour du propriétaire et continue à sociabiliser avec les coréens quand deux irlandaises débarquent (elles viennent de Dublin). Au lieu de dormir je pars avec elles explorer le temple. Pieds nus, cheveux enroulés dans ma belle dupatta (pour les garçons ou les filles qui n'ont pas de quoi se couvrir pas de problème des centaines de foulard sont prêtés à l'entrée et vous pouvez toujours vous en acheter en souvenir dans les rues de la ville).

 

C’est parti !

 

Passage par le pédiluve obligatoire pour se purifier et le temple s’offre à nous. Nous pénétrons à l’intérieur des bâtiments remparts blanc qui forment l’enceinte du temple. Celui-ci se trouve au milieu d’un lac au centre de cette cour. Des milliers de pèlerins sont assis ou allongés sous les alcôves des bâtiments blancs, ils prient ou s’assoupissent. Aux quatre coins de ces enceintes des bénévoles distribuent de l’eau en continu et elle est filtrée ce qui me permet de la boire ! Nous cherchons la cantine car nous avons faim (à seulement 10h) et nous arrivons à une queue pour les femmes. Ils distribuent des plateaux et des bols faits en feuille. Les irlandaises demandent et me disent que c’est pour le repas, personnellement je n’en suis pas si sûre… Nous donnons donc 10rs pour elles et 50rs pour moi et elles obtiennent en échange seulement un bol, alors que j’ai un plateau et un bol… rempli de « sweet ». Je comprends alors, comme je m’en doutais, qu’il s’agissait d’une queue pour acheter des offrandes. Puisque nous sommes en possession de tout ceci nous allons donc faire la queue, des gentils sikhs qui surveillent nous font passer sous les cordons pour que ça aille plus vite (et ça n’est que le début de leurs gentilles attentions à notre égard). Néanmoins la queue s’avère vraiment très longue ! On nous dit qu’il faudra attendre 2h avant de pénétrer dans l’enceinte du temple. On donne nos dons à d’autres personnes et promettons aux sikhs qui nous voient faire marche arrière que nous reviendrons bien que nous sommes gênées. En même temps, le temple n’était pas encore au programme.

Nous continuons le tour, observant les hommes et les femmes qui font leur toilette dans la « piscine de nectar », c'est-à-dire le bassin qui entoure le temple, tout ceci au milieu des carpes et des poissons rouges, parfois à l’ombre du grand arbre sacré.

 

 Nous trouvons enfin le lieu de donation pour les repas. La femme qui s’en occupe nous indique qu’il faut donner 50rs au minimum et je vois les irlandaises qui râlent car elles voulaient seulement dépenser 10rs. Moi qui trouve que parfois je me suis tellement habituée aux prix indiens que je ne relativise jamais avec les prix français je trouve leur réaction vraiment excessive car pour le coup je m’attachais à verser la même somme que ce que j’aurais dépensé dans un autre hôtel ou un autre restaurant durant le voyage soit environ 50 à 70rs pour un bon repas si ça n’est plus. On trouve ensuite la cantine qui est en fait en dehors des enceintes du temple mais toujours à l’intérieur du complexe, juste avant l’entrée que nous avions prise en fait. C’est le grand bazar. On entre, on nous fourgue rapidement des assiettes (pour manger un thali, soit des grands plats métalliques) ainsi qu’un bol et une cuillère et hop : dans la queue. Ça pousse beaucoup, comme d’habitude, et on finit après 10minutes d’attente à courir vers le réfectoire dans l’euphorie ou plutôt l’agitation générale. Les portes s’ouvrent grandes et je m’arrête littéralement dans ma course quelques secondes tellement je suis ébahie !  Des centaines de gens courant et finissant par s’aligner en rang presque parfait sur le sol, plat devant, mangeant en cadence avec le va et vient des cantiniers qui remplissent à grosse cuillère dégoulinante de dhal les assiettes. Une plâtrée de riz, une louche de dhal, un peu de mixture jaune étrange et du sweet pour le dessert, assiette suivante, et même geste précis et rapide. Pas le temps de trainer dans mon observation, les irlandaises m’attrapent au vol et on se trouve nous aussi un coin où s’asseoir. La nourriture arrive presque instantanément, nous qui la cherchions depuis presque deux heures. Un enfant trop mignon s’enquiert du niveau d’eau dans nos bols et les remplit de nouveau dès que le niveau baisse. On finit rapidement, comme tout le monde, car le niveau de rotation est incroyable tant il y a de visiteurs à nourrir. C’est un peu l’usine. Les nettoyeurs passent déjà le balai pour la prochaine fournée ! Et oui, en plus c’est un minimum hygiénique ! On sort et le vacarme des assiettes que je n’avais très étrangement pas remarqué auparavant me frappe. Des dizaines de volontaires les récupèrent et les jettent directement dans l’évier où d’autres les lavent. D’autres encore un peu plus loin pèlent les aliments. Deuxième découverte : ça ne sont pas tous des employés, tout le monde participe, toujours sur la base du don, du volontariat. C’est drôle comme je boucle ma boucle en retombant sur le sujet que je voulais étudier pour mon mémoire en arrivant dans le pays. Ça vaut bien plus que 50rs, rien que pour le spectacle visuel et « musical », sans parler de la nourriture qui était très bonne bien que simple.

 

A la sortie l’abondance du don continue, distribution de jus de fruit pour tous, la peur de la déshydratation collective semble guetter. J’ai cependant un peu la flemme de me battre avec la foule pour obtenir u verre mais un gentil père de famille me tape sur l’épaule une minute plus tard et me tend un verre. Il m’avait observé et avait bien compris que j’en aurais voulu un. Encore une jolie attention et en plus le jus est bon. C’est également la folie collective un tout petit peu plus loin, au stand de boissons/nourritures payantes, Coca Cola a la côte (oui, le capitalisme sait se servir des plus belles choses pour faire un peu de chiffre), des centaines de bouteille s ‘arrachent pour seulement 5rs,  soit 7 centimes d’euros, un prix qui défi toute concurrence y compris en Inde. La compagnie n’est pas seule mais a presque le monopole des boissons fraîches, de quoi habituer toutes les couches de la société à consommer Coca.

 

Il est midi et je suis fatiguée, je fais un brin de lessive et je m’endors comme un bébé jusqu’à 15h20… juste dix minutes avant le rendez vous avec les coréens et Sarcam, un turc. Direction le fameux spectacle du patriotisme exacerbé à La FRONTIERE INDO-PAKISTANAISE !

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