Comment j'ai fêté Diwali

Publié le par ind'épendante

Au bureau :

D’abord je dois préciser aux lecteurs qui ne sont pas mes proches que, j’ai changé de boulot en cours de route : Je suis désormais dans un journal et tout est vraiment génial.

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Ma journée de Laxmi Puja a commencé, contrairement à tous les autres par une journée de TRAVAIL. Et oui parce qu’un journal ne peut pas se permettre de ne pas paraître deux ou trois jours dans la semaine nous avons seulement annulé l’édition du vendredi. Il fallait donc bel et bien travailler en ce mercredi pour que l’édition de jeudi paraisse. A vrai dire, la journée fut cependant très reposante. Arrivée à 11h au boulot les filles devaient m’habiller en sari. La fille qui m’apportait mon sari étant en retard (elle est indienne donc évidemment je ne devrai même pas le préciser) j’ouvre le journal du jour pour constater que mes mots apparaissent noir sur blanc, en effet le supplément sur lequel je travaille sort le mercredi. Après cette petite satisfaction personnelle il est bientôt 12h30 et Nupur (ma collègue) n’est toujours pas là, je participerai donc au Puja (cérémonie religieuse en l’honneur de Laxmi) en jean. Le Puja qui soit dit en passant devait commencer à 11h30 s’est tenu dans la salle de conférence où un autel avait été dressé pour la déesse Laxmi. Nous y entrons tous pied nu puisque le lieu doit être pur. C’est assez drôle car tout le monde connait les chants ou presque et frappent dans les mains en rythme. Je les imite, enfin… pour le rythme pas pour le chant. Une fois la cérémonie finie nous prenons de la « fumée » dégagée par la flamme pour se l’appliquer sur la tête et nous allons tour à tour déposer les fleurs et les épices(la poudre appelée kumkum) sur la divinité.

Nupur arrive 30minutes plus tard et on part enfin me changer… dans les toilettes personnelles de ma rédactrice en chef. Je ressors métamorphosée et selon l’avis de tous le résultat est très réussi. Il est 1h30 et je pense que nous allons peut être finalement nous mettre au travail mais Robin vient d’arriver et c’est… son ANNIVERSAIRE. Robin est un peu le sous rédacteur en chef, et le bon ami de tout le monde, un homme qui a le flegme des anglais (pas étonnant qu’il ait des origines britanniques) et une sérénité et une gentillesse déconcertante. Il offre donc le repas à tous (en Inde on offre des cadeaux aux autres pour son anniversaire, mais on peut aussi en recevoir). Nous voilà repartis pour encore une petite heure de glandouille. Je finis finalement par bosser un peu mais sans plus car comme je vous l’ai dit mon édition est parue dans la journée donc le gros du travail c’est le vendredi, lundi et mardi et non pas le mercredi. Vers 16h20 mes collègues sortent le gâteau, qu’ils avaient acheté pour Robin, de sa cachette et nous revoici partis pour 20minutes de détente, un petit chant, la cérémonie de l’échange de gâteau (une personne fait manger une petite part du gâteau à celui dont c’est l’anniversaire, celui-ci la nourrit également en échange, puis celui dont c’est l’anniversaire nourrit toute l’assemblée, ce n’est qu’ensuite que l’on peut vraiment manger une vraie part du gâteau). A peine le temps qu’il ouvre son cadeau (une kurta de Fabindia) que je dois m’éclipser… j’ai rendez vous de l’autre côté de la ville à Andheri East à 18h30 et je dois être à Churchgate à 16h45 autant vous dire que je suis déjà un peu en retard. Mais j’arrive à partir à 17h de la gare comme prévu.

Chez nos hôtes indiens :

Victor (un français qui résidait chez nous le temps qu’il trouve un appartement) ainsi que ma colocataire Elodie et un ami à elle, Shankar, de passage à Mumbai me rejoignent directement à Churchgate, le train est bondé et nous sommes Elodie et moi en Sari. Évidemment, deux blanches habillées de la sorte dans le compartiment homme (puisqu’il faut bien que nous soyons avec ces messieurs qui nous accompagnent) ça ne passe pas inaperçu.

Nous arrivons à temps et sommes accueillis par les parents d’Ankush (qui nous a invités chez lui pour Diwali). Nous réalisons alors que nous serons les seuls avec ses parents, son frère et sa grand-mère alors que nous pensions qu’il y aurait des amis, de la famille etc. J’ai alors un sentiment de gêne mêlé de reconnaissance, c’est un peu comme s’ils nous avaient invités à leur table le jour de  Noël. La mère d’Ankush est vraiment très gentille et essaye de nous dire quelques mots en anglais. En attendant qu’il soit l’heure du Puja, Ankush m’amène acheter un nouveau portable indien, en moto, alors que je suis en sari. Moi qui  n’était montée en moto que deux fois dans ma vie (et c’est deux fois étaient en Inde) je dois apprendre à me tenir en amazone puisqu’il est impossible de mettre une jambe de chaque coté dans cette tenue. Je me félicite alors d’avoir entraîné mon sens de l’équilibre de temps en temps sur la miteuse planche de skate que j’avais chez moi. Une fois de retour nous participons au Puja qui dure environ 15minutes (à taper des mains sans s’arrêter) puis pour patienter Ankush nous mène faire un tour dehors, je suis en retard car je me lavais les mains à l’intérieur et en sortant je ne trouve plus personne. Le frère d’Ankush me propose alors d’aller les retrouver… en moto ! Encore ! Ok pas de problème c’est parti. Grave erreur, le frère d’Ankush conduit beaucoup plus vite et n’a pas l’air d’avoir bien compris que de tenir en amazone sur une moto c’est compliqué surtout que le tissu du sari glisse. Enfin bon ça va le petit tour ne dure que 10minutes… qui sont à vrai dire fantastiques car les enfants ont commencé à allumer les crackers et la ville entière s’illumine sur notre passage comme une escorte de lumière, jusqu’à ce que là, au milieu de la route, j’aperçoive un enfant allumer une « bombe » sur laquelle on fonce à toute allure… ouf elle explose deux secondes après qu’on l’ait dépassée, je sens le souffle derrière moi mais nous sommes déjà loin. Revenus devant la maison nous retrouvons les autres qui étaient en fait dans une cour juste à coté de celle d’Ankush. Le repas est divin, au menu Dhal, Riz et spécialités dont je ne me rappelle plus le nom. Avec une sorte de gâteau de riz qui est DELICIEUX pour conclure le repas… enfin presque puisque nous avons droit avant de partir à une salade de fruit baignant dans de la crème anglaise qui est rafraîchissante, succulente, et qui n’est pas lourde. Ses parents ne mangent pas avec nous car nous sommes les hôtes et que c’est la tradition en Inde. Une fois fini nous allons devant la maison pour allumer nos crackers, c’est hyper amusant et pas vraiment dangereux tant que l’on fait un minimum attention. Ankush, habitué, tire les plus dangereux (mais aussi les plus beaux) et par erreur en envoie un directement dans la fenêtre du voisin… oups, heureusement qu’il n’y avait personne au balcon. Puis nous remercions très chaleureusement nos hôtes en se demandant s’il faut leur toucher les pieds comme nous les avons vus faire avec la grand-mère après le Puja, mais nous nous contenterons d’une poignée de main et d’un Namaste les mains jointes pour dire au revoir.

Nous finissons chez nous pour tirer le reste de pétard avec tous nos amis internationaux qui nous ont rejoins à Colaba.

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Dans les rues et pour la nouvelle année :

Le lendemain, alors que je pensais les festivités finies et que je suis en jour de repos (ce qui me parait étrange car le jour le plus important était hier) mes amis m’invitent à aller sur Marine Drive pour voir encore des feux d’artifices. Je pense que ceci sera moins intéressant que la veille mais au contraire… c’est le nouvel an hindou ! Et je peux vous dire que c’est beaucoup plus impressionnant que le 14juillet en France car chacun à son propre bouquet final dans une grosse boite de pétard qu’ils tirent à 200mètres de vous. Nous nous sommes retrouvés bien deux ou trois fois assaillis par les résidus encore brulant des feux. D’autant qu’au plus nous fuyons les coins dangereux au plus les indiens qui s’en amusaient décidaient de tirer leurs lumières brulantes près de nous.

Si vous voulez un aperçu il n’y a qu’à voir la vidéo sur le facebook.

Les étrennes et les cadeaux du broker :

Enfin qui dit nouvel an dit étrenne c'est-à-dire sorte de pourboire donné aux employés ou toute personne rendant en général un service contre rémunération. Ainsi si tu habites en Inde pour Diwali, tu verras défiler le facteur, tous tes gardiens d’immeubles et ta maid qui te demanderont de l’argent (environ 100 à 150 roupies par personne). Personnellement ayant offert des sweets aux gardiens ils s’en sont apparemment contenté et tant mieux. Agréable surprise pour nous, le broker, qui nous aime bien, nous a apporté des chocolats Ferrero Rocher et une bouteille de vin. C’est Noel avant l’heure

Point culturel du jour : Tous les ans des dizaines de personnes sont brûlées ou perdent la vue à cause des crackers.

Supplément : Toucher les pieds en Inde est un signe de respect, cela se fait en général d’un jeune à un plus âgé. A ses parents ou ses grands parents par exemple.

Publié dans Traditions

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