Bangalore : L’enfer urbain

Publié le par ind'épendante

Avant de commencer le récit de nos aventures dans la deuxième ville je vous pris de considérer le fait que Bangalore est selon tous les témoignages que j’ai recueillis une ville charmante où il fait bon vivre. Tout le monde fut donc étonné lorsque nous leur avons dit que ce fut la pire journée du voyage et de loin. Je ne me baserai donc pas sur mon expérience pour vous déconseiller cette ville. Au contraire, je pense, pour ce que j’ai pu enfin voir en fin de journée, que cette ville peut être agréable et facile à vivre. Mais comme partout, il faut savoir où aller.

 

Trouver un Rickshaw, encore et toujours:

Après notre première nuit dans un sleeper, qui fut entièrement blanche, nous fumes jetées au bord de la route par le bus à 6h30 du matin, à l’heure où il fait encore nuit. Sans savoir où nous sommes, et étant très fatiguée par le voyage, je suis cependant encore assez lucide pour savoir que les rickshaws qui nous agressent ne cherche qu’à nous arnaquer. Je dis donc non à tout le monde et me laisse le temps de réfléchir.

Mais voilà. Si je sais où nous sommes (Arrêt des bus Majestic) je ne sais pas où nous allons sur le plan, et du coup, je suis bien incapable d’évaluer les distances pour négocier le prix d’un rickshaw. Je demande donc  à l’un d’eux à combien de kilomètres se trouve l’autre arrêt de bus auquel nous nous rendons. Il me répond 10kilomètres. Comme je n’arrive pas à nous situer sur le plan je suppose que nous sommes en dehors. J’accepte. Évidemment, nous étions à 3kilomètres (chose que je remarque durant la journée).

Trouver le petit-déjeuner:

Enfin bon, au moins on a trouvé l’agence, on dépose les sacs, pour pouvoir passer une journée sans se trimballer nos affaires sur le dos. Nous partons à la recherche d’un endroit pour petit-déjeuner. Mais tout est indien dans le quartier (en même temps nous sommes en Inde) et ça n'est pas du goût de maman et marraine (et comme toujours moi j’ai envie de leur tordre le coup avec leurs « Non, mais on va chercher un truc sur le guide du routard »). On se dit qu’on va aller vers le City Market pour surement trouver un restau à côté. Là encore un rick nous arnaque (il nous embarque pour le city market qui est à … 500m). Une fois sur place, c’est la panique, des véhicules partout et un marché qui fourmille. Moi j’adore ça, maman pas vraiment. On prend donc quelques photos pour les couleurs et on s’échappe vite (et en plus je n’ai plus de C.D pour filmer, mauvais début de journée). Comme toujours rien ne convient à ces dames on revient sur nos pas. Marraine à l’intuition qu’on va trouver quelque chose en face de l’agence des bus, moi je suis sûre que non (Après presque 19ans de vacances avec elle chaque été je commence à savoir qu'il ne faut pas l'écouter). Cependant, le palais de Tipu, et le temple qui sont à côté sont fermés jusqu’au 10h, je me dis donc qu'on a le temps... d'en perdre, et c'est que nous faisons pendant une bonne heure. .

Au passage, petit clin d’œil à Sébastien qu’on a accueilli une semaine avant mon départ : Oui le Fort existe, j’en ai la preuve en photo, mais je te l’accorde c’est sans grand intérêt. C’est à ce moment là que je me rappelle justement qu’il m’avait dit « A Bangalore, les rickshaws mettent leur mètre » ! Ça j’aurai dû m’en rappeler dès ce matin. Mais enfin il n’est jamais trop tard puisque comme je m’en doutais il n’y avait pas non plus de quoi petit déjeuner en face des bus il est temps de trouver un rick pour aller vers la civilisation : « Mahatma Gandhi Road ». Là bas on trouvera surement un Café Coffee Day ou autre pour prendre un petit déj à l’occidental. Après une bonne bataille on nous amène. Et… tout est encore fermé ! Malheur de malheur.

 

(Re)trouver, la motivation:

On opte pour un petit hôtel qui fait aussi restaurant (et dont je n'ai plus le nom!) au fond d’une cours qui a gagné plusieurs fois le concours du meilleur café-dosa du TOI (Times of India). Maman et Marraine essayent ainsi leur première nourriture du sud de l’Inde. Et moi, je me dis que les dosas ne valent pas ceux que je mange en bas du boulot. Les nerfs lâchent, enfin ceux de Maman, qui ne supporte pas la grande ville après le calme d’Hampi. Elle se demande ce qu’elle fait là ("et bien tu viens voir ta fille voyons") et elle se sent loin de son mari. Après le petit déj ça va mieux, ça n’était qu’un passage à vide comme on en a tous en arrivant. En sortant on se rend compte que le restau était sur le guide du routard (de quoi faire plaisir à Marraine). Puis une longue errance suivit.

 

Trouver une issue à Mahatma Gandhi Road

On décide de remonter MG Road pour commencer en douceur la matinée. Nous visitons tout d'abord un emporium d’artisanat du Sud (Cauvery Arts) avec du bois de Santal et des sculptures et statuettes de tous les côtés. Puis, on se laisse tenter par un magasin de pashmina, dans lequel j’apprends que mon écharpe à laquelle je tiens tant ne contient pas un seul pourcent de cashmire (mais je l’aime quand même). Le vendeur me montre la différence pour pouvoir reconnaître une vraie d’une fausse (en fait ça n’est pas au toucher parce que les mélanges de soie sont super doux). La pure a un aspect beaucoup plus effilocher au bout (et tient beaucoup plus chaud aussi), et passe à travers un anneau très facilement. Maman et Marraine se laisse tenter. (Moi je sais que je m’en achèterai quand j’irai dans le Cachemire cet été). Une fois ceci fini on cherche l’office du tourisme qui nous donne un plan et nous conseille des visites (il est difficile à trouver mais très utile). Oui mais voila, après les dépenses en écharpes il faut se réapprovisionner et la banque se trouve à l’opposée de MG Road. En fait elle se trouve non loin de là où le rickshaw nous avait déposé le matin. Je maudis ma mère de ne pas avoir imprimé l'adresse des banques comme je le lui avais demandé lorsqu'elle était en France. On remontera donc la rue dans un sens et dans l’autre. On en peut plus, on cherche la poste pour les cartes postales, on se retrouve coincées par des travaux, il faut encore retourner sur MG Road, là c’est trop. On traverse un parc dédié à Gandhi et on décide d’arrêter les frais. On prend un rick pour aller jusqu’au palais de Bangalore, le seul truc qu’on aura le temps de faire dans la journée (de toute façon si on écoutait maman on irait se réfugier à l’agence et on attendrait le bus).

(Re)Trouver le calme

Oui mais voilà. Là où on pensait arrêter les frais, on s’est trompé. Après avoir négocié calmement avec un rick qui ne voulait pas mettre son mètre, je m’en vais, en me disant que j’en trouverai un autre. Il me rattrape, me dit ok, et finalement négocie en me disant « ok 100roupies ». Je lui redis non, il me refait le coup trois fois : 80, 50, 20 roupies. Je commence à m’énerver et lui hurle un gros « NAAAHHHIII » qui finit de lui faire comprendre que même s’il m’avait fait la course à zéro roupie je voulais juste qu’il mette son mètre, point barre. Il finit par le faire. J’ai la carte de la ville. Je lui précise bien à quel palais nous allons (il y en a trois). Il me dit ok. 10minutes plus tard alors que nous sommes à un kilomètre du palais je le vois prendre la mauvaise rue. Je le lui dis. Il m’affirme que l’entrée se fait de l’autre côté. J’insiste. Il me dit être sûr de lui. Très bien. Il nous balade, nous balade encore, on finit par arriver devant… le Bangalore Palace Club. Je vérifie, effectivement nous ne sommes pas au bon endroit. J’explique à des habitants où nous voulons nous rendre, je leur explique bien la différence entre les deux palais. Nous voila reparties. Le rick nous balade encore (là je comprends qu’il se fout bien de nous) aller-retour, demi-tour. Nous voila devant le mauvais palais. Cette fois ci je m’énerve et je le menace de descendre et de ne rien payer s’il ne nous amène pas à bon port au prochain arrêt. Une demi-heure plus tard, alors que le trajet ne devait prendre qu’un petit quart d’heure, nous voila enfin devant le Bangalore Palace. Je demande aux gardiens de l’entrée combien il y a de kilomètres entre notre point de départ et notre point d’arrivée. Je multiplie chaque kilomètre par 10roupies (ce qui est déjà trop), ça fait 50roupies la course. Le mètre en affiche 145 (les mètres à Bangalore sont différents de ceux de Mumbai ils affichent directement le prix). Je lui tends les 50, évidemment cinéma habituel (je vous jure que parfois on dirait des italiens), il refuse mon argent et me demande la somme qu’il veut. Je lui dis que c’est ça ou rien, s’il ne les veut pas je m’en vais un point c’est tout. Il commence à s’énerver en hindi le petit, à prendre à témoin les deux gardiens, le truc c’est que je comprends ce qu’il dit « Elle m’a dit le mauvais nom de palais, et après elle a changé d’avis blablabla » (Tiens donc c’est également ce que me disais le mec pour les billets d’avion à Hampi, je dois avoir des problèmes de prononciation il faut croire, même en répétant dix fois les noms). Je lui dis qu’il a tord (avec les quelques mots d’hindi que je connais). Il menace d'appeler la police « Go ahead! Call them! You know I am right! » Je suis plus que hors de mes gonds. Une vraie furie. La lucidité qu’il me reste me rappelle que la police corrompue et les blancs ça ne fait pas bon ménage en Inde et que je n’ai pas intérêt à ce qu’ils viennent. Le chauffeur me montre le mètre pour me dire « ils verront bien que c’est écrit 145 ». Dommage pour lui, je me dirige très énervée vers le boitier et le remet à zéro. Le chauffeur est vert, ou blanc, ou je ne sais quoi, mais il vient de comprendre qu’il n’avait plus d’argument « Vas y appelle les, tu n’as pas de preuve, c’est ta parole contre la mienne ! ». Ma mère et ma tante commencent à avoir un peu peur. Pas moi, je sais qu’il ne les appellera pas, je leur dis de me suivre et deux minutes plus tard le pauvre chauffeur s’en va bredouille, évidemment, puisque sa course coutait vraiment 145roupies, sauf que c’est lui qui essayait de nous arnaquer en nous baladant dans toute la ville. On se rendra compte plus tard, que le chauffeur n’avait pas son permis accroché derrière son siège comme les chauffeurs officiels l’ont. Ce qui achève de confirmer qu’il essayait bien de nous rouler dans la farine.

    00591Trouvé, le palais!

La rage redescend, lorsqu’on voit le palais au loin. Il est à mi chemin entre le château fort et le palais de Windsor dont il s’inspire. La visite coûte 400roupies, 200pour moi car je paie le tarif indien. (Et bien oui, vous ne saviez pas que j'étais indienne?) avec un audio guide inclus, l’appareil photo coutant plus cher que l’entrée, je suis désolée de vous dire que je ne vous ai pas ramené de souvenirs à part une photo volée de la salle de bal qui est encore en location pour des mariages, prise depuis les toilettes (même si je suis devenue experte en photo volées il y avait des caméras à tous les angles et ils avaient mon passeport en garantie pour les audio guides donc bon…). Le palais n’a pas plus de 250ans mais il est très beau et coloré et donne une idée de ce à quoi ressemblait la vie du temps des maharajas dans le sud. Les femmes et les hommes avaient évidemment des parties séparées dans le palais, et la chasse jouait un grand rôle dans le divertissement de la famille royale tout comme les grandes réceptions. Le palais est un mélange d'influences anglaises de l’époque victorienne et Tudor. Cependant on trouve d’autres curiosités comme un banc offert par un baron si je me rappelle bien de Séville et qui trône dans une cour qui rappelle les patios espagnols. Le palais est richement agrémenté de tableau de la famille et d’autres souvenirs commentés par l’audio guide. La visite dure entre 30 et 45minutes et se fait en 21 étapes. Je trouve que ça vaut le coup si vous ne faites pas le palais de Mysore. Sachez également que les jardins sont également loués pour des concerts, et que les Rolling Stones sont passés par là.

 

Une fois la visite finie et les esprits apaisés nous rentrons en douceur vers l’agence de bus et passons par les quartiers agréables. Ceux qui auraient pu être plaisant à faire mais que nous ne verrons que depuis le rickshaw. On passe également devant les bâtiments du gouvernement de l’État le Vidhana Soudhaqui est très beaux et une mosquée. On arrive à bon port, je me réconcilie enfin avec les rick de Bangalore. Tout est bien qui finit bien

Pour finir trois petites astuces de voyage :

 

Si vous avez faim de bon matin faites comme moi : Pao + Chai et banane pour les petits creux lorsqu’on est dans le bus ou qu’on vient d’en sortir.

En ce qui concerne les rick, ne jamais prendre ceux qui sont à la sortie des bus, il y a TOUJOURS une arnaque, croyez en mon expérience, TOUJOURS, même quand ils mettent leurs mètres.

 

 Si vous êtes expatrié et enregistré au FRRO, votre carnet d'enregistrement peut vous servir pour obtenir le tarif indien dans tous les monuments et musées... Tous ou presque puisque lorsqu'il s'agit du Taj Mahal (et donc des autres monuments de Delhi) les guichetiers ne veulent rien savoir (en même temps c'est le monument qui rapporte le plus).

 

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