Amitiés internationales, à la découverte des autres trésors d’Amritsar

Publié le par ind'épendante

Pour ceux qui ne l'aurait pas remarqué les photos du voyage sont entièrement publiées sur facebook, vous pouvez donc y découvrir les dernières de l'aventure.

 

De retour au temple je prends une bonne douche qui n’est évidemment pas froide tellement il fait chaud (même l’eau stockée a chauffé !) puis je prends le temps d’envoyer quelques nouvelles, avec la connexion internet la moins cher du voyage… ça m’aurait pas étonné après tous les exemples de prix que j’ai eu depuis le matin. Je me dépêche cependant car avec Sercam on s’est motivé pour aller au restaurant plutôt qu’à la cantine du temple. Il faut dire que la cuisine du Penjab (l’État dans lequel nous nous trouvons) est assez réputée dans le pays et nous voulons donc goûter quelques spécialités locales. Comme gage de qualité on fuit les restaus où il y a des touristes, et ceux qui sont vides, on opte pour un tout petit lieu où se trouve des indiens. On se laisse un peu guider par le serveur qui nous conseille vivement de prendre un thali pour goûter un peu à tout, nous avons ainsi dans notre grand plat un paratha (un des divers pains indiens), du dhal, une préparation végétarienne et du yaourt pour lutter contre les épices. Je m’en veux un peu car le repas est délicieux mais je n’ai plus faim rapidement et je gaspille donc un peu ce qui est vraiment dommage. En rentrant je croise les australiennes rencontrées à la frontière. Elles cherchent un lit et dormiront finalement par terre ce qui me désole un peu pour elles.

 

Je rejoins mon lit et me réveille le lendemain vers 8h. Je suis étonnamment matinale dans cette pièce qui n’a pourtant pas de fenêtres. Tellement qu’il n’y a absolument pas un chat aux sanitaires communes. Enfin… 5minutes plus tard c’est la cohue ! Je retourne dans notre salle pour étranger et une fois la porte de nouveau poussée pour sortir au grand jour le complexe est bel et bien éveillé et tout son petit monde en ébullition. Je croise Berny, la petite blonde des quatre australiennes qui me dit qu’elles vont voir les autres bâtiments d’intérêt dans la ville et qu’elles partent dans environ 30min/1h.

 

Cela me laisse le temps en cette heure encore matinale de me rendre au Temple d'or en espérant qu’il n’y ait pas trop de queue.  Cependant une fois dans la queue le calvaire commence, la fille dans la file d’à côté semble avancer bien plus vite ! Finalement, après 30min nous sommes à la même hauteur car notre file a rattrapé son retard. Je me suis un peu crue, l’espace d’un instant, à Disney. Ambiance « ouverture du parc », le monde un peu endormi, les horloges blanches sur les portes d’entrées des murs d’enceintes comme celles sur « Main Street » ; les hauts parleurs qui crachent de la musique (ici les prières chantées et jouées en continue), la file d’attente de presque 1h pour l’attraction principale, il y a même des ventilateurs pour le confort des personnes qui attendent, tout est prévu.

La comparaison s’arrête cependant ici car le temple d’or est magique et dans le regard d’un adulte parait moins artificiel. Il scintille de mille feux et dommage que le ciel soit si blanc aujourd’hui. J’accède finalement au saint des saints, rougeoyant , avec des plafonds d’or et bleu roi, fait de peintures et de miroirs, (pas de photos autorisées malheureusement). Les « prêtres » y chantent en cadence avec leurs « tam-tam » alors qu’un autre veille sur une sorte d’autel. Les croyants chantent, se prosternent et passent leur chemin. Bien mieux qu’à la télévision ! (En effet, il faut savoir que tous les matins, lorsque j’allumais la télé de mon appartement à Mumbai, je tombais automatiquement sur la chaîne qui rediffusait les prières du Temple d’Or en continue ! Il était donc évident pour moi de finalement aller voir en vrai ce que je voyais comme un rituel étrange à la télé tous les jours). Je monte ensuite à l’étage, certains empruntent des livres de chants et prient en chœur avec les prêtres depuis les balcons qui donnent sur la salle du bas. Je continue ensuite mon ascension et je finis dans la plus haute salle, sur le toit. J’en profite pour y faire une offrande comme je l’avais prévu (une offrande dans un temple de chaque religion) et également pour profiter de la vue panoramique sur l’enceinte sacrée.

 

En redescendant je refais un petit tour de la piscine de nectar et des jeunes sikhs veulent une photo, bizarrement un autre sikh vient vite les écarter. Il a l’air grognon et sur le coup je pense qu’il n’est pas content qu’une blanche « pique la vedette » au temple d’or. Plus tard je comprendrais qu’il faisait ça pour moi, de façon à s’assurer que ces garçons ne me dérangeaient pas. Après cette découverte du temple l’heure avance et je retourne au dortoir sans grand espoir de tomber sur les australiennes qui sont portant là ! Elles allaient justement partir en direction du Jardin des Martyrs. Nous y allons donc ensemble. Le jardin est situé dans un lien insoupçonné juste derrière la jungle de la rue principale. C’est un joli parc avec des ruines et des monuments à la mémoire des martyrs indiens très injustement tués par les anglais. La flamme est sponsorisée (par Indian oil) ce qui gache un peu l’atmosphère mais pour le reste tout est très bien présenté. Des photos des martyrs avec leur histoire sont exposées dans une petite pièce. Parmi les histoires, celle d’une femme qui est restée toute la nuit dans le parc, auprès du corps de son mari, pour qu’il ne soit pas attaqué par des animaux. D’autres sont partis venger leurs proches en Angleterre en commettant des attentats. Enfin, le lieu le plus marquant reste le puits dans lequel des indiens ont tenté de se réfugier et où ils furent fusillés sans échappatoire. On traverse ensuite une dernière salle et on attend deux des filles qui font toujours le tour. Des dizaines d’indiens s’agglutinent déjà autour de nous et veulent nous serrer la main, bizarre, ça faisait bien 10jours que ça ne m’était pas arrivé (le temps resté dans les montagnes en somme). Et j’ai l’impression qu’on nous aime encore plus au Penjab qu’ailleurs pourtant ils sont sensés être parmi les plus clairs des indiens. Nous retournons à l’intérieur pour trouver les filles puis direction la pause repas au Neelam’s. Berny prend un très bon Korma, mais moi qui adore les dosas et fait confiance au routard je suis déçue ! Les autres sont plutôt dans l’ambiance  petit déjeuner. Sauf Nat qui est malade et qui peste ! (J’ai connu ça).

 

Cependant nous devons nous hâter car le temple de Durga un peu en dehors du centre ferme entre 1h et 3h, on saute donc dans un rickshaw et c’est parti ! Ce temple fut construit par les hindous pour imiter le temple d’or ce qui me fait rire. Il est cependant bien moins grand, moins beau et n’est pas fini. Il est assez kitsch mais vaut quand même le détour. C’est tout de même drôle, l’agencement est le même : eau, passerelle, même volonté de mettre de la dorure (mais il y en a bien moins). Il y a même une caméra pour filmer l’autel et retransmettre la vidéo dans le temple (qui est tout petit), ça ne sert absolument à rien ! M’enfin, c’est histoire de dire « Moi aussi j’ai un temple comme ça ! ». On rigole un peu avec le mec qui s’occupe des chaussures à l’entrée puis on repart cette fois en direction du dernier lieu de la journée.

 

Le Mata temple signifie le temple cave si je me rappelle bien. On se rend tout d’abord de l’autre côté de la route pour déposer nos chaussures. Le mec nous offre des bonbons, ils sont vraiment tous adorables dans cet État. Dommage que je n’ai pas de monnaie pour lui laisser un pourboire. On entre dans le temple étrange et on y voit une statue qui ressemble à un zoroastrien. Je trouve ça plutôt étrange d’autant que d’autres icones hindoues cette fois sont aussi dans le « hall ». Il y a un sens de visite et on comprend assez vite que nous sommes dans un lieu assez particulier, si ce n’est unique. Tous les dieux sont en fait représentés (encore un signe de tolérance à l’égard de toutes les religions) : Buddha, des dieux népalais, la multitude de dieux hindous, un grand nombre inconnu au bataillon, quelques curiosités ! Le temple représente aussi le summum du kitsch dans certaines pièces : miroirs, peintures, couleurs flashy, statues massives… C’est cependant très amusant, beau et instructif. Un vrai détour à faire si l’on passe par le Temple d’or ! Le Mata temple n’est d’ailleurs pas encore fini ! Il est toujours en extension et en construction et lorsque nous y sommes allées certaines statues étaient encore en cours d’installation et même pas encore peintes. Le parcours est un véritable jeu d’aventure pour les enfants comme les grands, on rampe sous les grottes, on rentre dans les « serpents », on met les pieds dans l’eau. C’était une expérience ! On finit la visite par un sweet et un tilak sur le front apposé par le « prêtre ». Nous voici bénies et c’est l’heure de rentrer car les filles ont un train à prendre ! Les adieux sont difficiles car Mairead, la rousse, reste ici et continuera son périple seule pendant que les autres rentrent en Australie. C’est drôle, elles me font penser aux spice girls.

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